Zones de guerre commerciale : l’ouverture de Jardizoo bloquée par Gamm Vert


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En février dernier, nous vous annoncions l’ouverture au mois d’avril d’une enseigne Jardizoo, rue de Béthune. Le gérant avait déjà commencé à aménager l’ancien magasin Dya – parti l’an dernier dans la zone d’Herlin-le-Sec – et pensait accueillir ses premiers clients mi-avril. Il n’imaginait pas que le groupe Vertdis, propriétaire de Gamm Vert, ne laisserait pas un concurrent librement s’installer dans la zone nord de Saint-Pol, alors qu’un de ses magasins a ouvert ses portes depuis deux ans de l’autre côté de la ville. Comme annoncé par la Voix du Nord, un recours a été déposé auprès de la commission nationale d’aménagement commercial, bloquant pour l’instant le projet de Jardizoo. La commission doit étudier le dossier ce mercredi 29 mai.

« Le projet ne contribuera pas à la préservation du tissu commercial du centre-ville »

Ses membres vont devoir analyser le solide argumentaire de trente-sept pages ficelé par Philippe Jourdan, avocat de Gamm Vert. L’enseigne subira directement la concurrence de Jardizoo pour son magasin d’Herlin-le-Sec, mais aussi pour ceux de Pernes, Anvin, Frévent, Auxi, ou même Bruay et Beaurains, et n’a donc aucun intérêt à laisser un adversaire commercial s’installer dans un territoire où elle exerce un quasi-monopole. Selon Gamm Vert, l’offre est déjà suffisamment fournie et il n’y a pas de place pour un autre acteur de la jardinerie : « Le projet ne vient nullement satisfaire une demande croissante de la part des consommateurs. Il sera nuisible à l’animation de la vie locale et ne contribuera pas à la préservation ou à la revitalisation du tissu commercial du centre-ville de Saint-Pol et des communes limitrophes. Cette création est de nature à nuire directement aux commerces de Saint-Pol-sur-Ternoise et des alentours. » Maître Jourdan estime d’ailleurs que « la zone commerciale d’Intermarché est déjà suffisamment attractive et ne nécessite pas d’être densifiée davantage par un tel commerce au détriment du centre-ville ». Il déplore également que « le site n’est nullement desservi par les transports en commun, de sorte qu’il n’est pas accessible pour les habitants de la commune de Saint-Pol, mais également des communes limitrophes. Le projet ne peut donc satisfaire la clientèle piétonne de ces communes. » Le défenseur n’a sans doute jamais visité le magasin de son client dans la zone d’Herlin-le-Sec, mais conclut son plaidoyer ainsi : « L’intérêt général s’attache au maintien des emplois et des commerces de proximité qui pourraient être supprimés dans le bourg de la commune au lieu de densifier une zone commerciale déjà largement fournie en termes d’enseignes et que le projet actuel vise à densifier davantage. »

Une installation soutenue par la ville de Saint-Pol, mais désapprouvée par TernoisCom

Maître Jourdan mentionne ainsi l’existence de quatre fleuristes à Saint-Pol, ainsi que ceux d’Anvin, Brias, Ramecourt et Saint-Michel. Un argument développé également par deux vice-présidents de TernoisCom, Freddy Bloquet et Jean-Luc Fay, présent au titre du PETR Ternois-7 Vallées lors de la commission départementale d’aménagement commercial. Tous deux ont été les seuls à voter contre le projet, tandis que le maire de Saint-Pol et les trois autres membres de la commission ont validé l’installation de Jardizzo, saluant notamment la reprise d’une friche à l’entrée nord de la ville. Les deux représentants du Ternois ont souligné la présence de fleuristes à Saint-Pol, du Gamm Vert d’Herlin et du Bricomarché de Saint-Pol, tout en déplorant que le projet ne prévoit pas la vente d’animaux vivants. Des arguments réfutés par le gérant de Jardizoo : Bricomarché est essentiellement tourné vers le bricolage, une animalerie ne serait pas rentable en milieu rural. Patrick Desnaux assure même que son projet « ne concurrence aucune activité déjà présente en centre-ville : pas de fleurs coupées pour ne pas concurrencer les fleuristes, par exemple ». Le gérant ne nie pas que son activité va venir titiller Gamm Vert, mais ne souhaite pas commenter le recours : « On répondra sur le terrain, quand on aura l’autorisation d’ouverture. »

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