« L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation », d’après le Code de l’Environnement. Alors pour les Journées européennes du patrimoine, TernoisCom et Veolia ont proposé de découvrir un outil essentiel à la dépollution de l’eau : la station d’épuration de Gauchin-Verloingt. Évidemment, ça sonne moins sexy qu’une cathédrale ou qu’un château médiéval, pourtant ces stations sont des ouvrages monumentaux, avec leurs tours, bassins et ouvrages hauts de plusieurs mètres. Dernière étape du “petit cycle de l’eau”, ils sont indispensables pour traiter les eaux usées de nos communes avant le rejet dans le milieu naturel, afin d’éviter au maximum les pollutions.

Depuis 2002, la station d’épuration de Gauchin-Verloingt reçoit les eaux usées de Saint-Pol-sur-Ternoise, Saint-Michel-sur-Ternoise, Roëllecourt, Ramecourt et de sa commune d’implantation, soit près de 7 000 habitants dont les foyers sont raccordés au réseau. Elle traite ainsi 700 à 900 m³ par jour, et jusqu’à 4 000 m³ lors de gros épisodes pluvieux : en effet, les réseaux construits jusque dans les années 1970 recueillent les eaux usées et pluviales, sans distinction. Si d’importants travaux de séparation de ces réseaux sont aujourd’hui engagés, la station d’épuration gauchinoise reçoit encore les eaux pluviales en grande quantité. Mais avant de traiter l’eau, il faut la débarrasser de toutes les pollutions solides qu’elle charrie. Une première fosse de 10 m³ permet de piéger les plus gros déchets, puis une deuxième filtration récupère ceux de plus de 15 millimètres (notamment les lingettes qui sont “une horreur” et peuvent parfois bloquer les pompes), avant une dernière étape avec un tamis rotatif pour les éléments supérieurs à 0,5 millimètres. Ainsi, ce sont près de 15 tonnes de déchets qui sont ainsi récupérées chaque année sur la station.

Une fois l’eau débarrassée de ces pollutions solides, les bactéries entrent en jeu pour dévorer les pollutions organiques. Ce traitement biologique permet de se débarrasser de tous les éléments à base de carbone, de phosphore et d’azote, notamment les graisses et huiles. Pour que le process soit optimal, il est nécessaire de maintenir un bon équilibre entre la quantité les micro-organismes et la “nourriture” disponible, un ajustement réalisé par l’introduction d’oxygène qui permet d’activer les bactéries dans le bassin d’aération. L’action des bactéries produit des boues d’épuration qui sont ensuite traitées et compactées pour produire une matière sèche qui est utilisée ensuite pour fertiliser les cultures agricoles : les agriculteurs sont rémunérés pour évacuer ces boues d’épuration, dans le cadre de plans d’épandage. Environ 600 tonnes de boues déshydratées sont ainsi produites chaque année sur la station de Gauchin-Verloingt. Pour finir de nettoyer l’eau, elle passe du bassin d’aération au clarificateur, où les dernières boues sont retenues, pour donner une eau visuellement claire. Néanmoins, elle doit encore suivre une dernière étape de désinfection à la javel (qui est elle-même neutralisée par du bisulfite) avant de pouvoir être rejetée dans le milieu naturel. Tout ceci est évidemment drastiquement encadré et chaque étape du process fait l’objet de moult mesures, afin de s’assurer que l’eau traitée respecte les normes et n’impacte pas le milieu naturel dans laquelle elle est rejetée – ici, dans la Ternoise. La station d’épuration doit garantir que l’eau est débarrassée de 90 % des polluants : celle de Gauchin affiche même un rendement de 98 %. Ainsi, l’eau rendue à la rivière est parfaitement claire et considérée comme dépolluée, mais ne vous avisez pas de la boire : l’eau potable nécessite un tout autre procédé ! Mais ça, c’est une autre histoire.



