Le Centre hospitalier du Ternois sous tension face au manque de personnel

Le manque de personnel chronique dans le secteur médical frappe de plein fouet le Centre hospitalier du Ternois, entraînant un manque de professionnels, des tensions dans les équipes et même la fermeture cet été du service de soins de suite et de réadaptation, pour réaffecter les agents dans d’autres services. Pour dénoncer ces situations, les personnels des différents sites du CHT étaient appelés à une journée de grève par le syndicat Force Ouvrière. Après une première mobilisation dans la matinée du 2 septembre à l’Ehpad Allart-de-Fourment de Frévent, une quarantaine d’agents se sont réunis l’après-midi au centre hospitalier de Gauchin-Verloingt. Drapeaux, chasubles, chants, pancartes garnies de slogans, tout était réuni pour se faire voir et entendre, dont un micro et une sono pour amplifier les revendications : « La crise sanitaire a mis en lumière les problèmes du système de santé. Le Covid nous a achevés, mais le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation. C’est tout le système de soins qui est en danger : si on continue comme cela, on ne sera plus demain en mesure de soigner tout le monde », alarme Étienne Martinot, secrétaire départemental FO Santé.

« Depuis deux ans, on alerte sur le manque d’infirmières et on se retrouve avec des surcharges de travail qui créent des tensions dans les équipes. »

Grégory Vuylsteke, secrétaire Force Ouvrière du Centre hospitalier du Ternois

Ce constat général se traduit de façon concrète au centre hospitalier du Ternois : « Nous faisons face à un manque criant de personnel, dans toutes les catégories, ce qui a un impact sur les agents et sur les résidents. La direction ferme des lits sans nous en informer, des infirmières doivent travailler sur des postes de nuit de douze heures, ces décisions sont imposées alors que les agents ont aussi une vie de famille. Depuis deux ans, on alerte sur le manque d’infirmières et on se retrouve avec des surcharges de travail qui créent des tensions dans les équipes. » Antoine Montero, directeur des ressources humaines, venu saluer les protestataires, ne nie pas les difficultés mais relativise : « Nous sortons d’un été extrêmement compliqué, mais nous avons pu faire face grâce aux personnels présents et à ceux qui ont accepté de décaler leurs congés ou de revenir. Nous avons tenu, les agents reviennent de congés et nous allons progressivement retrouver une situation normale. »

« L’objectif est toujours d’atteindre quarante lits de SSR, mais nous ne pouvions même pas en faire fonctionner trente à cause du manque de personnel. »

Antoine Montero, directeur des ressources humaines du Groupe hospitalier Arrageois-Ternois

Néanmoins, le DRH reconnaît que la situation “normale” est loin d’être idéale : il faudrait cinq infirmières supplémentaires pour que tous les services du centre hospitalier du Ternois soient totalement dotés. « Tous les hôpitaux font face à une pénurie de personnel infirmier. Le territoire du Ternois accueille uniquement des activités de gériatrie. Des trois établissements du groupe hospitalier (Arras, Bapaume, Ternois), c’est le territoire qui nécessite le plus d’attention : on encourage les agents à venir travailler ici. Nous avons récupéré des lits en début d’année pour le service de soins de suite et de rééducation : l’objectif est toujours d’atteindre quarante lits de SSR, mais nous ne pouvions même pas en faire fonctionner trente à cause du manque de personnel. » Étienne Martinot partage l’analyse selon laquelle les activités pratiquées dans le Ternois compliquent encore les recrutements : « À Arras, les infirmiers peuvent intervenir dans les urgences, en réanimation, en cardiologie… Il y a plus de technicité, c’est plus attractif pour les jeunes, contrairement à la gériatrie. La crise des vocations, c’est la base du malaise de l’hôpital public. Il faut améliorer les conditions de travail et les statuts, former les personnels et les fidéliser. Aujourd’hui, il n’y a plus d’infirmières sur le marché. On est confronté aux mêmes problèmes que l’Éducation Nationale, sauf qu’il faut trois ans pour former une infirmière. »


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