Réforme des finances publiques : les paiements en liquide au tabac du coin


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Fortement mobilisés lundi, lors de la journée de grève nationale, les agents du centre des finances publiques de Saint-Pol avaient ressorti leurs tracts jeudi pour accueillir les élus de TernoisCom venus écouter le directeur départemental des finances publiques prêcher la bonne parole et défendre la réforme « Nouveau réseau de proximité ». Pendant près de deux heures, Michel Roulet s’est efforcé de convaincre les maires du Ternois de la pertinence du projet qui vise à offrir un meilleur service à la fois aux contribuables et aux élus, tout en fermant les petites trésoreries. Comme nous vous l’annoncions lundi, l’accueil du public au centre des finances de Saint-Pol devrait être maintenu, avec une dizaine d’agents. « Nous continuons à discuter du projet en interne, mais on s’oriente vers cette solution. Le service des impôts des particuliers partira à Arras, mais une antenne sera maintenue à Saint-Pol pour assurer l’accessibilité au public. » En revanche, les dernières trésoreries du territoire seront bel et bien fermées : « Celle de Frévent ne compte que quatre agents et celle de Pernes, trois. En cas d’absence d’un des agents, l’organisation peut être très vite fragilisée et il est difficile de garantir la qualité du service avec de si faibles effectifs. Actuellement, l’accueil du public est assuré dans ces trésoreries à raison de cinq matinées par semaine. Nous proposons de maintenir des permanences dans ces communes à raison de deux demi-journées par semaine », annonce le directeur départemental qui explique que la dématérialisation, la mise en place de l’impôt sur le revenu à la source et la suppression de la taxe d’habitation vont grandement réduire les besoins d’accueil des contribuables.

Les paiements en liquide se feront auprès des buralistes

Les modes de paiement vont aussi évoluer : « L’année prochaine, tous les impôts devront être payés de manière dématérialisée. Il ne sera plus possible de payer en liquide au guichet des finances publiques. Pour le paiement en numéraire des produits locaux, un marché public a été lancé et a été remporté par la confédération des buralistes qui dispose d’un réseau plus étendu que celui des finances publiques, avec des horaires d’ouverture plus larges. » Ainsi, pour payer en liquide la cantine ou un abonnement à la bibliothèque, il suffira de se rendre dans le tabac du coin. Pour les collectivités, Michel Roulet annonce également un service renforcé : « Nous souhaitons affecter un « conseiller expert » pour chaque EPCI et ses communes. Compte tenu du nombre de communes de TernoisCom, deux agents seront disponibles. Les services de gestion comptable seront regroupés sur Arras, mais une équipe sera installée au centre des finances publiques de Saint-Pol pour accueillir les élus de TernoisCom et des Campagnes de l’Artois, avec les agents des trésoreries de Saint-Pol, Frévent, Pernes, Aubigny et Avesnes-le-Comte. »

Des élus inquiets et sceptiques sur la réforme

La présentation n’a pas vraiment suscité l’enthousiasme chez les quelque quatre-vingts élus présents qui ont soumis leurs questions au directeur départemental, reprenant notamment les inquiétudes des agents des finances publiques. Le maire de Pernes a évoqué la sécurité des paiements en liquide chez les buralistes, le maire d’Herlincourt a soulevé la question de la confidentialité, l’assistant parlementaire du député s’est interrogé sur les compétences des agents dans les Maisons de services au public, le maire d’Auxi-le-Château a regretté que les permanences promises lors de la fermeture de la trésorerie locale ne soient pas assurées aussi régulièrement que promis, le maire de Nœux-les-Auxi a déploré la désertification des services publics en milieu rural… Systématiquement, Michel Roulet a répété que la qualité du service aux particuliers et aux collectivités serait maintenue, voire renforcée, avec ce projet qui sera affiné selon les besoins. Ses arguments chiffrés et sémantiques n’ont pas vraiment convaincu les élus, conscients néanmoins que le projet allait se déployer dans les mois à venir. A la fin de la réunion, l’un des maires commentait laconiquement : « Ça devient bien compliqué, tout ça. »

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