« La pêche aux goujons » a retrouvé sa splendeur au musée de Saint-Pol


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Au bord d’un étang où s’épanouissent roseaux et nénuphars, une élégante dame patiente, canne à pêche en main, sous les rayons d’un soleil qu’on devine au-dessus du feuillage. Cette paisible scène est visible à Saint-Pol, au musée Picot-Danvin, et a été figée sur une toile par le peintre français René-Charles His. La pêche aux goujons a été donné au musée de Saint-Pol en 1902 par le baron Alfonse de Rotschild. Après une restauration complète, le tableau a retrouvé son éclat et sa place dans le musée. « Il est superbe, avec tous ces verts, les feuillages, les reflets dans l’eau », s’émerveille Didier Fauquembergue. Chargé du récolement des collections de la ville et de la restauration des œuvres, il a constitué un dossier et l’a soumis à la DRAC* afin de lancer la restauration de cette œuvre du XIXe : « Chaque année, nous faisons restaurer un tableau des collections de la ville. »

Un cadre doré à la feuille d’or et une peinture au jaune d’œuf

Une fois que La femme au bain avait terminé sa cure de jouvence, c’était au tour de La pêche aux goujons de retrouver sa splendeur d’antan. « Le plus gros travail a porté sur le cadre : il était tombé, avait été réparé avec des clous et avait plusieurs craquelures. Il avait été repeint à deux reprises, alors qu’à l’origine, il était doré à la feuille d’or. » Le magnifique encadrement a recouvré son lustre, valorisant d’autant mieux la toile, elle aussi restaurée : « Je pensais que c’était une peinture à l’huile, mais pas du tout, reconnaît Didier Fauquembergue. Il s’agit d’une « tempera » qui utilise une technique à base de jaune d’œuf et de colle. La toile n’avait pas été vernie, elle n’était donc pas protégée. Nous avons également retiré les baguettes de bois sur lesquels était posée une vitre. La toile avait aussi quelques rayures. » Après ces opérations et un bon nettoyage, la scène a repris des couleurs et resplendit sur de nouveau au musée Picot-Danvin, entourée d’autres trésors des collections de la ville.

« L’homme a perdu des cheveux, il a des pellicules ! »

Didier Fauquembergue, chargé des collections de Saint-Pol

Une quinzaine sont déjà passés par les mains des restaurateurs, d’autres attendent leur tour, à l’image de la toile sobrement intitulée Portrait d’homme, réalisée par Philippe de Champaigne : « C’était le peintre officiel de la cour aux temps de Richelieu, Louis XIII et Louis XIV. Pour cette œuvre, le cadre doit être restauré, ainsi que la toile : l’homme a perdu des cheveux, il a des pellicules ! » Cette fois encore, la DRAC va devoir donner son aval, puisqu’elle finance à chaque fois la moitié des travaux de restauration. Ainsi, elle a supporté 50 % des 5 814 euros pour le cadre de La pêche aux goujons et des 1 848 euros pour la toile, le département et la ville se partageant le reste des dépenses. Si ce travail de restauration des œuvres est salutaire, il reste un point à régler : l’accès de ces œuvres au grand public. Les plus belles toiles sont exposées au musée Picot-Danvin pour assurer de bonnes conditions de conservation, mais cette partie du musée n’est accessible que sur rendez-vous : le livre d’or atteste de la faible affluence, puisque la dernière inscription date d’avril 2019. Le projet de nouveau musée devrait régler ce problème, mais d’ici sa concrétisation, quelques œuvres supplémentaires auront été restaurées.

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