La femme au bain s’est refait une beauté et rejoint les trésors culturels de Saint-Pol


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« Quelques-uns ici risquent de perdre leur auréole », s’amuse Didier Fauquembergue, chargé de la restauration des œuvres, en dévoilant La femme au bain. De l’autre côté de la pièce du musée Picot, saints Pierre et Paul restent impassibles devant la nouvelle venue. Claude Roussez et René Grandsir, adjoints à la culture et à la jeunesse, scrutent les détails des formes de la dame, les journalistes la mitraillent, sous le regard satisfait d’Anne Simon : le travail de la restauratrice semble convaincre. « Le tableau a passé six mois dans mon atelier. Il comportait beaucoup de gerçures, de craquelures, on ne voyait quasiment plus le personnage essuyant les pieds de la femme. Il s’agit d’une reproduction d’une œuvre de Rembrandt : la technique utilisée est différente, mais le rendu est très proche. » L’original est en fait baptisé Bethsabée au bain tenant la lettre de David, daté de 1654 et exposé au Louvre. La version saint-poloise a été peinte par Albert Braut (et non Brant comme indiqué sur le cartel) en 1899 et trônait au fond du musée Danvin dans des conditions de conservation peu adaptées. Bethsabée a traversé la rue Oscar-Rique non pas pour trouver du boulot, mais pour préserver sa nouvelle beauté et ne pas exposer sa nudité aux variations de chaleur de la chapelle des Sœurs-Noires. Malheureusement, la belle sera plus difficile à admirer.

Les trésors de la ville conservés au musée Picot

Si le musée Danvin est régulièrement ouvert librement au public, le musée Picot ne peut être visité que sur rendez-vous. Pourtant, c’est là que sont conservés les véritables trésors de Saint-Pol. Outre l’impressionnante bibliothèque des fonds anciens, les plus beaux tableaux de la collection de la ville sont exposés dans trois pièces aménagées pour les protéger et les mettre en valeur comme ils le méritent, mais loin des regards des curieux. Une étude à 60 000 euros a été lancée avec la communauté de communes pour construire un projet de centre culturel qui permettrait de regrouper le cinéma, une médiathèque et d’autres équipements : « Le maire tient à ce que le musée Danvin reste ici, précise Claude Roussez. Si le Régency venait à déménager, nous pourrions récupérer l’espace pour installer le musée. » Cette option permettrait d’ailleurs aux personnes à mobilité réduite de profiter des expositions permanentes et temporaires, ce qui leur est impossible à l’heure actuelle. Évoqué depuis des années, le projet ne verra pas le jour avant plusieurs années, les relations conflictuelles entre la commune et TernoisCom – compétent pour la médiathèque – freinant l’avancée du dossier, même si les deux collectivités participent chacune à hauteur de 15 000 euros à l’étude, dont les conclusions devraient être rendues ce printemps. En attendant, il est toujours possible d’admirer les trésors historiques et culturels de la ville, que ce soit au musée Danvin ou au musée Picot qui réserve encore à ceux qui ne le connaissent pas de belles surprises, dont le tableau La pêche aux goujons qui sera encore visible quelques mois avant de partir à son tour se refaire une beauté.

Le musée Picot est visitable sur rendez-vous, à partir de cinq personnes. Renseignement auprès de Cathy Camus au 03.21.03.85.69.

Le musée Danvin est ouvert les mercredis, samedis et dimanches de 14h30 à 17h30.

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