Qui fera rouler les trains de l’étoile ferroviaire de Saint-Pol à partir de 2024 ?


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La région Hauts-de-France avait annoncé sa volonté d’ouvrir une partie des lignes TER à la concurrence, dont les trois lignes au départ de Saint-Pol. La première étape est désormais lancée, avec la publication d’un appel d’offres sur la « concession de service public relative à la gestion et l’exploitation du transport ferroviaire de voyageurs concernant les lignes dites de l’étoile de Saint-Pol-sur-Ternoise ». Actuellement, ces lignes sont exploitées par la SNCF pour le compte de la région, mais l’opérateur historique ne donne pas entière satisfaction, selon le vice-président de la région chargé des transports, Franck Dhersin : « Si on espère augmenter le nombre de voyageurs dans les trains, il faut que la qualité de service suive derrière. On ne veut pas se passer de la SNCF, mais la faire réagir. Avec l’ouverture à la concurrence, la région n’essaye pas de faire des économies mais d’offrir un meilleur service aux usagers », déclarait-il en avril 2019, lors de l’annonce de l’ouverture à la concurrence d’une partie des lignes.

La politique tarifaire sera toujours décidée par la région

Le futur exploitant sera donc chargé d’assurer les transports de voyageurs sur les trois lignes, mais aussi la vente et le contrôle des billets, ou encore l’information des voyageurs, notamment en cas de perturbation. Néanmoins, l’opérateur ne pourra pas faire ce qu’il souhaite et sera surtout chargé de mettre en œuvre les orientations décidées par la région, y compris au niveau tarifaire. Les trains resteront la propriété de la région, qui les mettra à la disposition du concessionnaire, et le personnel lié à l’exploitation de l’étoile ferroviaire devrait être transféré au futur exploitant. Par ailleurs, le délégataire pourra aussi être amené à réaliser « l’exploitation des circulations routières de substitution et l’exploitation de circulations routières régulières complémentaires », notamment de Saint-Pol vers Béthune : certains transports pourraient donc toujours être assurés en car.

« On ne cherche pas à rentabiliser le service public régional. On ne veut pas fermer de lignes mais plutôt challenger la SNCF sur la qualité du service proposé. »

Franck Dhersin, vice-président à la région en charge des transports

Le montant total de la concession est estimé à 155 millions d’euros. Elle est prévue pour neuf ans, du 7 juillet 2024 jusqu’à juillet 2033. Pour l’instant, l’appel d’offres vise simplement à recenser les candidats potentiels, mais certains ont déjà été identifiés : outre la SNCF, « dans les potentiels opérateurs privés, il y a les filiales des grands groupes français comme Keolis, RATPDev, Trandsdev mais aussi l’Allemand Arriva ». Quel que soit l’élu, il aura au moins l’avantage de profiter de lignes ferroviaires refaites à neuf, puisque les travaux se poursuivent et que les trois branches de l’étoile devraient être rénovées d’ici 2022. Selon Franck Dhersin, cette ouverture à la concurrence devrait bénéficier aux voyageurs, sans dégradation du service puisque l’opérateur devra répondre au cahier des charges de la région : « On ne cherche pas à rentabiliser le service public régional. On ne veut pas fermer de lignes mais plutôt challenger la SNCF sur la qualité du service proposé. Les opérateurs privés qui répondront à l’appel d’offres seront traités de la même manière que la SNCF en cas de non-service rendu, ils devront payer des pénalités. Je pense que cela va obliger tout le monde à être meilleur. »

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