Le centre hospitalier du Ternois prépare la reprise des visites des familles et des professionnels de santé


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« Nous travaillons sur un système de parloir qu’on espère pouvoir mettre en place cette semaine dans nos établissements », annonce Pierre Bertrand. Le président du Groupe hospitalier Artois-Ternois prépare avec ses équipes la possibilité d’accueillir à nouveau les proches des patients accueillis dans les différents établissements du centre hospitalier du Ternois. Les visites ont été suspendues avant la mise en place du confinement national et l’absence de contact pèse sur le moral des patients : « Ces parloirs ne résoudront pas tous nos problèmes, mais ça pourra apporter une dimension supplémentaire pour maintenir l’état de santé et le moral de nos résidents. La difficulté est d’éviter que cela entraîne un flux trop important de personnes qui pourraient se croiser ou croiser nos résidents. C’est une logistique à mettre en place. Nous pourrons installer des vitres en plexiglas qu’il faudra désinfecter après chaque passage. Les visiteurs devront évidemment respecter les mesures d’hygiène élémentaires. La difficulté sera de trouver les ressources humaines nécessaires pour gérer ces visites. »

« Nous avons pris des mesures pour permettre à un représentant de la famille de venir voir un proche en fin de vie. »

Claire Vincent, directrice déléguée du centre hospitalier du Ternois

Malheureusement, tous les résidents des EHPAD n’auront pas accès à cette solution, notamment les plus dépendants : « Certaines structures ont des patients plus autonomes que d’autres. À Gauchin-Verloingt, nous avons des patients avec des maladies neuro-dégénératives, type Alzheimer. Le système de parloir ne pourra être possible que pour les patients autonomes dans leurs déplacements et dans leurs fonctions cognitives », nuance Pierre Bertrand. Pour tous les résidents, des alternatives aux visites ont été proposées depuis le début du confinement : « Nous avons mis en œuvre un contact dématérialisé via Skype dans tous nos établissements et nous avons pu répondre favorablement à toutes les familles qui en ont fait la demande, sauf pour les résidents de l’EHPAD des Pommiers, à Frévent, dont les premier et deuxième étages sont en zone blanche. Nous avons alors réalisé un petit film qui a été envoyé aux familles », indique Claire Vincent. La directrice déléguée du centre hospitalier du Ternois a également permis aux familles de dire au revoir aux patients en fin de vie : « Nous avons pris des mesures pour permettre à un représentant de la famille de venir voir un proche en fin de vie, avec un horaire spécifique, un habillement de protection, des distances de sécurité à respecter. Après la visite, qui dure entre un quart d’heure et une demi-heure, la personne est invitée à retirer ses protections, à se laver les mains et peut prendre une douche avant de repartir, pour dissiper toute inquiétude. »

« Nous devons réussir à maîtriser le covid sans créer de nouvelles pathologies liées à l’isolement ou à la rupture des soins. »

Pierre Bertrand, président du groupe hospitalier Artois-Ternois

Les mesures de confinement empêchent également les interventions des professionnels extérieurs aux établissements : « Il ne faudrait pas qu’en luttant contre le coronavirus, on génère d’autres problèmes de type psychiatriques ou mécaniques, comme le retour à la marche. Nos propres kinésithérapeutes continuent d’intervenir, mais ils ont dû s’adapter : les séances collectives ont été remplacées par des prises en charge individuelles », détaille Pierre Bertrand. « Les interventions sont réalisées dans les chambres pour les kinésithérapeutes, ainsi que pour les ergothérapeutes, complète Béatrice Bridoux, coordinatrice des soins. Ces visites permettent de limiter l’isolement des résidents. Nous avons également permis aux résidents de ressortir pour prendre l’air, si leur état de santé le permet, et en prenant toutes les précautions nécessaires. » Tout en maintenant un maximum de précautions, les équipes du centre hospitalier du Ternois s’efforcent d’assouplir le confinement pour rompre l’isolement et en limiter les conséquences néfastes, comme le souligne Pierre Bertrand : « Nous devons réussir à maîtriser le covid sans créer de nouvelles pathologies liées à l’isolement ou à la rupture des soins. »

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