Malgré des lignes rénovées, l’étoile ferroviaire de Saint-Pol manque de trains

« On a besoin de plus de trains à Saint-Pol, on n’en a pas assez. » Ce constat de l’écocitoyen Michel Feutry résumait l’état d’esprit des participants au comité de desserte de l’étoile de Saint-Pol-sur-Ternoise, qui devait permettre aux usagers et élus locaux de partager leurs difficultés avec la région et la SNCF. Depuis le mois de septembre, la circulation des TER dans les Hauts-de-France rencontre moult difficultés, à tel point que la SNCF a été contrainte de supprimer plus de cent vingt trains fin octobre, pour limiter les retards et perturbations : moins de trains prévus, moins de trains en retard ! Depuis le week-end dernier, certains ont été remis en service – quatre-vingt-dix-huit sont toujours suspendus – et l’étoile ferroviaire de Saint-Pol ne serait plus concernée, selon Florent Martel, directeur délégué des opérations de la SNCF : il annonce d’ailleurs plus de 90 % de régularité des trains gravitant autour de l’étoile. Néanmoins, le service rendu n’est toujours pas à la hauteur de celui qui était proposé avant 2017 et la fermeture des lignes vers Arras, Béthune et Étaples pour rénovation. Depuis, les trajets sont plus rapides, mais moins nombreux : « Je suis d’accord, il n’y a pas assez de trains. En 2017, lors de l’annonce de la rénovation des lignes, des élus et des usagers m’avaient dit qu’ils espéraient retrouver l’intégralité des trains une fois les lignes rouvertes. Certains horaires ont été modifiés, mais j’ai le sentiment qu’on n’a pas retrouvé autant de trains qu’avant la fermeture. »

Les usagers ont fait part de leurs remarques et difficultés au quotidien.

Sur les quais, les usagers le constatent au quotidien, comme le Polopolitain Arnaud Martin : « Depuis 2009, je suis usager de la ligne Saint-Pol – Lille. Depuis que la ligne a rouvert en 2021, on n’a plus les mêmes trains le matin, ni le soir. Je termine à 16h à Lille, le train direct pour Saint-Pol part à 16h06. Le suivant s’arrête à Béthune et je dois ensuite prendre un bus et j’en ai pour encore une heure de trajet. Si le train a du retard, le bus n’attend pas, j’ai déjà eu le tour ! » En effet, malgré la réouverture des lignes, certains trajets sont toujours assurés par des bus, moins rapides, moins confortables, moins accessibles, peu adaptés pour prendre en charge des vélos… Pour le même prix ! « À la limite, on peut descendre à Béthune pour un autre train, mais pas pour un bus. Si le prix est le même, c’est du vol ! », s’insurgeait Michel Feutry. Le problème, expliquait Florent Martel de la SNCF, c’est que les trois lignes de l’étoile de Saint-Pol sont parmi les dernières à ne pas être électrifiées et les machines bi-mode (avec moteur électrique et diesel) offrent une capacité de transport moindre. Certains en arrivent même à regretter les bus mis en place durant les travaux. Ainsi, ce papa du Ternois doit désormais aller chercher sa fille à Arras quand elle revient de son stage en région parisienne, puisque le dernier train pour Saint-Pol part une minute avant l’arrivée de celui de la capitale. Évidemment, affréter des cars est plus simple et moins coûteux que d’organiser les rotations sur les lignes de chemin de fer.

Vice-président chargé des transports, Franck Dhersin a partagé la position du conseil régional.

Concilier les contraintes personnelles des usagers et celles techniques de la SNCF est une gageure. Les remarques émises lors du comité de desserte ont été notées, mais aucun engagement n’a pu être pris de la part de la région ou de la SNCF. Cette dernière est d’ailleurs avant tout préoccupée par le recrutement d’agents pour réussir à faire fonctionner correctement son réseau, fortement poussée par la région, notamment Franck Dhersin qui ne rate jamais une occasion de pointer les défaillances de la SNCF et de lui mettre la pression. D’ailleurs, l’annonce de l’ouverture à la concurrence est présentée comme une solution pour améliorer le service aux usagers. L’étoile de Saint-Pol, qui devait faire partie de la phase expérimentale dès 2024, continuera d’être gérée par la SNCF jusqu’en 2028 – au moins : « Le lot concernant l’étoile de Saint-Pol a été réintégré avec l’ensemble du Nord-Pas-de-Calais. On s’est aperçu que c’était trop petit et que ça ne pouvait pas être attractif. » Dans les conditions actuelles, ça ne l’est pas non plus pour les usagers.

Durant deux heures, les échanges sont allés bon train.

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