ATRE échappe à la crise de la trentaine et continue de grandir


Publicités


« Après trente ans, nous avons toujours autant de rêves, d’envies, d’ambitions, pas seulement pour ATRE, mais pour notre territoire », s’enthousiasme le président de l’association. André Olivier a de bonnes raisons d’être confiant : si la situation était critique en 2012-2013, l’association a su redresser la barre et se réinventer pour aborder une troisième décennie pleine de promesses. Malheureusement, ATRE ne pourra pas fêter son anniversaire comme prévu ce samedi 3 octobre, pour cause de crise sanitaire : « Ce ne sera que partie remise. On va organiser l’anniversaire tout au long de l’année, ce sera génial quand même », assure le président. L’association sait s’adapter aux circonstances, comme elle l’a prouvé ces dernières années : alors que les cours des matières, notamment du carton, s’effondraient sur le marché mondial, ATRE a repensé son modèle économique et s’est diversifiée. « En dix ans, le prix de revente du carton est passé de 150€ la tonne à quasiment plus rien. On doit presque payer pour l’évacuer. Il n’était plus rentable de récupérer les cartons de certains commerces. Nous avons réfléchi sur notre modèle économique avec l’Agora du Ternois et choisi de sortir d’une logique industrielle de volume pour passer à une offre de services. Auparavant, nous collections les déchets gratuitement auprès de cent cinquante entreprises ; désormais, nous faisons payer un service de gestion des déchets, pour compenser la baisse de revenus liés aux matières premières », explique le directeur, Yoann Caquière.

« L’ouverture du troisième magasin devait se faire petit à petit, mais devant le succès rencontré, nous avons rapidement ouvert trois jours par semaine. »

André Olivier, président de ATRE

Par ailleurs, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, ATRE a développé son activité de ressourcerie dans ses magasins de Saint-Pol et Frévent, mais aussi sur le nouveau site de l’association, rue de Fruges. « L’ouverture du troisième magasin devait se faire petit à petit, mais devant le succès rencontré, nous avons rapidement ouvert trois jours par semaine. Les chiffres sont plus qu’intéressants, c’est un vrai plus pour notre taux de valorisation », soulignent les dirigeants. « On essaie de valoriser les objets à faible valeur avec “le coin des bonnes affaires”. On s’efforce de développer les ressourceries avec des brocantes solidaires, des événements. Ça a été une façon de nous réinventer dans notre communication et notre organisation. On collecte plus et on vend mieux : nous avons doublé notre chiffre d’affaires en six ans pour la ressourcerie. Mais nous avons encore des axes de progrès, sur le textile notamment qui est marginal chez nous, alors que c’est la première source de chiffre d’affaires de la plupart des ressourceries depuis trois ans. » Autre activité en plein développement : les animations autour du réemploi et de l’environnement. Plus de cent soixante animations ont été réalisées en 2019 dans des écoles, centres de loisirs, Ehpad ou même prisons. Le site du 36, rue de Fruges va permettre de développer ces activités, grâce à un vaste terrain d’un hectare, avec un jardin, un verger et un petit bois bordant la Ternoise et le Pronay.

« Nous avons choisi de proposer des contrats de 35h plutôt que de 26h, afin de mieux rémunérer les salariés et de les préparer au marché du travail. »

Yoann Caquière, directeur de ATRE

Malgré ces évolutions et diversifications, ATRE ne perd pas de vue son objectif premier et originel : la réinsertion. « En 2019, nous avons accueilli cent neuf personnes en insertion. Nous avons choisi de proposer des contrats de 35h plutôt que de 26h, afin de mieux rémunérer les salariés et de les préparer au marché du travail », explique Yoann Caquière, qui souligne que 41 % des personnes ayant quitté la structure en 2019 ont retrouvé un emploi ou une formation qualifiante. Néanmoins, une trentaine de personnes n’ont pas été renouvelées pour raisons médicales, mais aussi pour des problèmes de discipline ou pour absence de démarches d’insertion : « Certains contrats ne sont pas renouvelés car nous avons choisi d’être un peu plus sévères afin d’être plus justes envers tous », assume le directeur. Mais pour ceux qui s’accrochent jusqu’au bout, l’accompagnement de ATRE est salvateur, comme en témoigne Aurélie : « Je suis arrivée ici en septembre 2018, j’étais complètement paumée. J’ai pu construire un projet, savoir où m’orienter, trouver un stage en immersion et une formation », raconte-t-elle, reconnaissante, à tel point qu’elle devrait intégrer l’équipe d’encadrement de l’association.

« Nous avons eu un manque à gagner de près de quarante mille euros, mais nos activités sont désormais revenues au niveau d’avant le confinement »

Yoann Caquière, directeur de ATRE

Avec des activités diversifiées au service d’un objectif clair, ATRE a su se renouveler et asseoir des bases solides pour son avenir. D’ailleurs, la crise sanitaire n’a pas ébranlé la structure : « Nous avons fermé pendant deux mois et les salariés ont pu bénéficier du chômage partiel. Nous avons eu un manque à gagner de près de quarante mille euros, mais nos activités sont désormais revenues au niveau d’avant le confinement », souligne le directeur, pour le plus grand bonheur de son trésorier : « Depuis 2012-2013, nous avons retrouvé de la sérénité dans notre gestion. Aujourd’hui, je sais que s’il y a une crise sur le carton, on saura trouver des leviers pour stabiliser la structure. » Tout comme pour les salariés en insertion, l’association a réussi à sortir de l’urgence du présent pour pouvoir se tourner vers l’avenir.


Prochain rendez-vous : Repair’café et récup’art
Le mercredi 7 octobre de 14h-17h, au 34 rue de Fruges à Saint-Pol
L’association ATRE propose un atelier pour réparer et apprendre à réparer vos objets du quotidien. Pour les plus jeunes, un atelier artistique autour de la récupération est proposé sur le thème de l’automne(neuf enfants par groupe). Contact : 03.21.03.72.84.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page