Bis repetita placent – Les collégiens de Salengro à la découverte de l’Europe.

Texte & photos : Jean-Baptiste Leroy, professeur d’histoire-géographie au collège Salengro de Saint-Pol-sur-Ternoise

« Bis repetita placent :, les choses répétées deux fois sont plaisantes » : c’est ce qu’ont pu vérifier quarante-neuf élèves de 3e du collège Salengro qui ont marché dans les pas de leurs aînés. À leur tour, ils sont partis en voyage en Europe du 2 au 6 juin, accompagnés par leurs quatre enseignants d’histoire-géographie.

Une préparation à l’épreuve du brevet
Les trois matières histoire, géographie, et enseignement moral et civique ont servi de fil rouge au périple. En découvrant le camp de concentration de Natzweiler-Struthof et la « maison d’Anne Frank » les élèves ont pu réviser un chapitre d’histoire au cœur du programme de 3e. Mais cette année, les collégiens ont été invité à changer d’angle de vue en Allemagne, à Trèves : la visite guidée a tout d’abord présenté la ville dans les années 20, leur permettant de comprendre que la fragile République de Weimar a été minée par d’incessantes luttes politiques, que les nazis en sont sortis vainqueurs et sont arrivés au pouvoir. Les guides ont ensuite emmené les élèves dans l’ancien quartier juif vidé de ses habitants dans les années 30 et 40 avant de terminer dans le centre reconstruit suite aux destructions de la fin de la guerre. Voir l’Histoire du côté allemand, cela change forcément la donne et questionne nos élèves : « Comment les survivants juifs et leurs bourreaux ont-ils pu cohabiter après la guerre ? », « Quel regard portent les jeunes Allemands de notre âge sur cette partie de leur passé ? », « Quelle place les Allemands accordent-ils à la mémoire de la Shoah ? »

Pour comprendre la réalité d’une notion géographique, rien de mieux que d’aller sur le terrain. Les flux transfrontaliers ont pu être observés à travers l’exemple de l’Eurométropole de Strasbourg ; le concept de mobilité douce a été mis en pratique lors du séjour, surtout la marche car circuler à vélo dans Amsterdam nécessite un savoir-faire certain ! Une portion de la mégalopole européenne a été traversée et les connexions entre métropoles utilisées. Le soft power français a été constaté. Ces mots qui peuvent paraitre étranges voire « barbares » ont tous désormais pris du sens.

Enfin, l’Enseignement Moral et Civique (EMC pour les intimes) n’a pas été oublié. C’est le chapitre sur la construction de l’Union européenne et son fonctionnement qui a pu être révisé grâce à la découverte de deux de ses institutions : le Parlement à Strasbourg et la Commission à Bruxelles. En interrogeant, sous forme d’un micro-trottoir, des passants dans la capitale belge, les élèves ont pu sonder les forces et les faiblesses de l’Union pour ses habitants. 

Une ouverture sur le monde et une incitation au voyage
Avec près de 2 000 kilomètres au compteur et des arrêts dans quatre pays européens (France, Belgique, Allemagne et Pays-Bas), avec la rencontre d’autres jeunes dans les auberges de jeunesse, avec la nécessité de parler anglais ou allemand pour se faire comprendre, les jeunes ont pu découvrir ce que veut dire « voyager à l’étranger ». Strasbourg, Bruxelles, Amsterdam, cela change des paysage ternésiens. Le bouillonnement de la ville, les vélos qui se faufilent dans la foule, les immeubles qui poussent comment des champignons, les vastes espaces piétonniers… Certains élèves ont aimé, d’autres non, mais tous ont pu goûter l’espace de l’instant à ce que veut dire « vivre en ville ». Bis repetita placent, c’est vérifié. Jamais deux sans trois ? La réponse l’an prochain !

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