Avec “la Barak à fripes”, ATRE veut sillonner le Ternois pour récupérer et vendre des vêtements de seconde main

« Je m’habille dans les friperies depuis des années, c’était déjà le cas bien avant de connaître ATRE. Ça permet d’avoir des vêtements tout le temps différents, on trouve de tout ! » Pour Magalie Segond, la seconde main est une évidence : écologiques et économiques, les fripes sont la tendance du moment et de l’avenir. La ressourcerie a décidé de développer ses activités liées aux vêtements, jusqu’alors marginales, et elles ont rapidement trouvé leur public : « Maintenant que les gens savent qu’on les récupère et qu’on les réemploie, on croule sous les vêtements ! On reçoit du linge tous les jours, par des apports volontaires ou lorsqu’on fait des débarras. On est même en capacité de renouveler notre offre chaque semaine. Quand quelqu’un visite notre rayon friperie, il repart toujours avec quelque-chose », assure l’encadrante technique de l’association. Néanmoins, elle constate également qu’énormément de vêtements sont toujours jetés à la benne – et même pas dans la bonne : selon une étude nationale, chaque français balance en moyenne douze kilos de linge par an. De plus, certains territoires ruraux, notamment les communes les plus isolées, proposent peu (voire pas) de solutions de récupération des vêtements : « Nous avons organisé des campagnes de collecte à Saint-Pol, Auxi, Frévent et Pernes. Nous avons alors constaté que beaucoup d’habitants ne savaient pas quoi faire de leurs vêtements. Dans les villages, ils ne savent pas où les donner, mais en plus, ils doivent se déplacer pour acheter de la seconde main. » Alors comment récupérer tous ces habits ? Qu’en faire ensuite ? Et comment inciter un maximum d’habitants à se fringuer autrement ? Autant de questions qui ont chiffonné les salariés de ATRE depuis plusieurs mois, jusqu’à ce qu’ils trouvent une idée géniale : « On a réfléchi ensemble à un projet un peu décalé, qui nous ressemble : la Barak à fripes ! On voudrait acheter un véhicule un peu rétro pour aller de village en village afin de récupérer des vêtements et d’en vendre : si tu ne viens pas à la fripe, la fripe viendra à toi ! »

« On est dans l’air du temps avec ce projet de friperie : c’est bon pour le porte-monnaie et pour la planète. »

Magalie Segond, encadrante technique et responsable magasin chez ATRE

Magalie n’est pas peu fière du calembour et des idées loufoques des salariés de ATRE pour l’opération de financement participatif lancée pour la Barak à Fripes. Objectif : récolter cinq mille euros d’ici la fin de l’année afin non seulement d’acquérir le matériel nécessaire pour la friperie mobile, mais aussi pour développer un atelier de “surcyclage”. En effet, si certains vêtements peuvent être facilement remis en vente, d’autres nécessitent un peu de travail pour être réparés, voire améliorés : « On peut détourner certains tissus pour créer de nouveaux vêtements. C’est aussi une façon de faire monter en compétences nos salariés, pour trier les tissus, les coudre… Ils sont très impliqués dans l’élaboration du projet, avec toujours l’idée de bien s’amuser. » Ainsi, ils se sont prêtés au jeu en choisissant des tenues dans le stock de ATRE afin de réaliser deux défilés de mode (avec une collection hommes et une autre femmes), filmés et mis en ligne sur les réseaux sociaux, qui prouvent qu’on trouve de tout dans les rayons de l’association : il y en a pour toutes les tailles, toutes les couleurs, tous les styles, toutes les circonstances ! Cette variété de l’offre permettra à la Barak à fripes de proposer des menus complets – avec des tenues de la tête aux pieds – ou la sélection du chef lors des tournées dans les villages, qui seront donc aussi l’occasion de récupérer les vêtements des habitants : « On reprend tous les tissus, même s’ils ne sont pas en bon état. Ensuite, on trie, on remet en vente si c’est possible, on répare, on transforme et dans le pire des cas, on met dans le bon circuit de recyclage : c’est toujours mieux que de voir des tissus partir à la benne ou dans la nature. Alors que les matières premières augmentent, les friperies sont une solution aussi pour s’habiller à moindre coût. On est dans l’air du temps avec ce projet de friperie : c’est bon pour le porte-monnaie et pour la planète. » Et vu l’ambiance qui règne autour de ce projet, c’est aussi bon pour le moral : il suffit de jeter un œil à la liste des contreparties proposées pour les différents niveaux de don pour s’en convaincre. Attention : le Metallic’ATRE, comprenant une fête d’anniversaire et une chanson écrite spécialement en l’honneur du contributeur, n’est disponible qu’en un exemplaire, pour la modique somme de cinq cent euros ! Une affaire, comme on en trouve tant chez ATRE, où ce ne sont pas les prix qui déterminent les valeurs.


-> Participez au financement de la Barak à fripes

ATRE organise une vente spéciale friperie le samedi 20 novembre de 10h30 à 18h, dans son magasin du 122 rue de Canteraine à Saint-Pol-sur-Ternoise.


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