Le président Bridoux confisque la parole pour vanter la démocratie à TernoisCom


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Bientôt 18h. La séance du conseil communautaire du 7 mars est ouverte depuis plus de trois heures. Les délibérations ont toutes été adoptées à la quasi-unanimité (un certain nombre de ces sujets ont été relayés par nos confrères de L’Abeille de la Ternoise et de La Voix du Nord). Arrive alors l’ultime point à l’ordre du jour : les questions diverses. Le président garde la parole : « Dans les divers, je voudrais vous informer, puisque j’ai vu aussi que nous ne donnions peut-être pas toujours toutes les informations, donc je vais le faire. »

La ville de Saint-Pol et son maire au pilori

Il ne s’agit pas pour Marc Bridoux de rendre compte des décisions qu’il a pu prendre dans le cadre de ses délégations – il nous avait assuré qu’il envisagerait de le faire – mais plutôt de profiter de la tribune pour évoquer divers différends avec la ville de Saint-Pol : malheureusement, comme quelques autres élus, Maurice Louf a déjà quitté la séance pour assister à la conférence du président du conseil départemental à Gauchin-Verloingt. Qu’importe, les membres du conseil communautaire sauront ainsi que la cour d’appel de Douai a tranché dans « l’affaire Mc Do », condamnant l’enseigne et la ville à verser 1 500 euros à la communauté des Vertes collines et au syndicat mixte (donc à TernoisCom) ; que le tribunal administratif a décidé, concernant le permis de construire du quai de transfert, d’annuler la décision du maire de Saint-Pol et que la ville doit, là encore, verser 1 500 euros à TernoisCom ; que la zone industrielle de Saint-Pol et la zone de Canteraine devaient être confiées à TernoisCom par la ville de Saint-Pol depuis le 1er janvier 2018 suite à une demande du préfet et conformément à la loi. N’en jetez plus, la cour est pleine ! Il en reste un peu pour Maurice Louf, mais ça viendra bien assez vite.

Points sur les i et barres aux t

Viennent ensuite quelques précisions en mode néonicotinoïdes : « En ce qui concerne la maison des services, j’ai une réaction personnelle à l’Abeille du 14 février 2019 », lance le président de TernoisCom. En cause, un petit article où le journaliste rappelait avec malice qu’un panneau « maison des services » avait été accroché par erreur dans les locaux de l’ADEFI lors de son inauguration. « Pour reprendre le clin d’œil, ou le pied de nez, je dirais que c’est une malencontreuse idée puisque ça me permet de mettre les points sur les i et les barres aux t », claironne Marc Bridoux. Pas un mot en revanche sur le travail de notre confrère de L’Abeille de la Ternoise qui – dans la même page et avec un article bien plus sérieux – revenait dans le détail sur le cocasse historique du dossier de l’hôtel communautaire-maison de services au public, rappelant comment le conseil communautaire a été consulté au mois de décembre sur un projet lancé dès le mois d’avril à Herlin-le-Sec.

« Je ne comprends pas, je suis l’homme ciblé dans ces différents articles »

L’épineux sujet de l’hôtel communautaire a fait réagir certains élus et citoyens d’une façon que n’a pas goûté le président de TernoisCom : « J’ai été très surpris par la façon de communiquer, depuis le 17 décembre dernier, de Monsieur Jossien, Monsieur Armand, Monsieur Louf et certains relais sur réseaux sociaux qui ont saisi le préfet. » La préfecture avait déjà contrôlé, sur la forme, la légalité de deux délibérations contestées liées à l’hôtel communautaire. Quant à son lieu d’implantation, le préfet s’en lave les mains : logique, les collectivités locales s’administrent librement, l’Etat n’a pas à intervenir. Alors pourquoi tant d’acharnement ? « Vous voyez, je ne comprends pas, se désespère Marc Bridoux. En tout cas, je suis l’homme ciblé dans ces différents articles. Vous avez pu constater que c’était des articles à charge. Je pense que nous avons toujours travaillé dans la transparence. Je pense que l’Abeille ou les relais sur réseaux sociaux mettront autant d’énergie à la décharge qu’ils en ont mis à la charge. Ou alors, ça voudrait dire que ce sont des organes de propagande et là, ce n’est plus la même chanson. » Le président de TernoisCom remet donc en cause l’impartialité de nos confrères de L’Abeille de la Ternoise. Plusieurs ont cru comprendre entre les lignes que le Gobelin du Ternois était aussi visé par les termes « les relais sur les réseaux sociaux ». Si tel est le cas, nous vous laissons juger du sérieux des articles que nous avons publiés sur le sujet (ici, iciet ), en reprenant d’ailleurs les explications que Marc Bridoux avait accepté de nous fournir. En revanche, il ne nous a toujours pas autorisés à consulter le registre des délibérations de TernoisCom pour compléter notre travail à décharge, malgré des demandes répétées depuis plus d’un mois.

« Ça n’est pas un vain mot, à la communauté de communes, la démocratie »

Enfin, le président de TernoisCom conclue par un dithyrambe sur le fonctionnement de sa collectivité : « La démocratie, c’est pouvoir s’exprimer. A un moment donné, il faut se ranger à l’avis de la majorité. Ça n’est pas un vain mot, à la communauté de communes, la démocratie. Les commissions fonctionnent, les bureaux se réunissent d’une semaine à l’autre, dans la plus complète transparence. Les décisions sont prises en conseil communautaire. Elles ne sont pas prises ailleurs. Nous assistons peut-être à une nouvelle forme de communication. En tout cas, je la prends pour une attaque personnelle, des propos mensongers qui jettent l’opprobre sur mon honorabilité et sur tous les élus communautaires, finalement. » Marc Bridoux conclut son propos en invitant l’assemblée à partager « le pot de l’amitié », entraînant quelques applaudissements. Deux élus demandent la parole, dont Monsieur Armand qui espérait pouvoir défendre sa position. Perdu : « C’est terminé, Monsieur », tranche le président, tandis que des élus communautaires se lèvent pour se diriger vers le buffet. Sans avoir avalé le moindre petit four, un autre s’étrangle : « C’est la démocratie, c’est ça ? »

Dans un souci de transparence, nous vous soumettons l’enregistrement de l’intégralité (8’30) de l’intervention du président de TernoisCom : il vous suffit de cliquer ici.

(Oui, oui, c’est tout à fait légal d’enregistrer un conseil communautaire, tout comme un conseil municipal)

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