Le Parti communiste sera la seule incarnation de la gauche dans le canton de Saint-Pol


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« Nous avons été lucides : il n’y avait aucune candidature de gauche. Nous avons décidé in extremis de nous présenter pour que nos valeurs soient représentées face à la droite classique, à celle de Macron et à l’extrême-droite », explique Raphaël Méquignon, candidat aux élections départementales sous l’étiquette du Parti Communiste Français, en binôme avec Marie-Lise Rigaux : « J’ai accepté de me présenter quand on m’a dit qu’il n’y avait pas de candidats de gauche dans le canton. » À quelques jours du dépôt des listes, le PCF s’est activé pour proposer une alternative aux candidats sortants et à l’extrême-droite : « On ne prétend pas représenter toute la gauche mais on porte des valeurs communes. Nous devons nous réunir face à la droite et au Rassemblement National, qui auraient récupéré des voix sans notre candidature. Les communistes font partie de la majorité départementale : nous voulons que le Pas-de-Calais reste à gauche. Il a une importante vocation sociale, ce qui n’est pas le cas des départements gérés par la droite. On n’est pas des professionnels de la politique, mais on a envie d’agir pour les habitants », affirme Raphaël Mequignon.

« On va chez les gens tous les jours, on voit comment ils vivent, leurs difficultés dues à la disparition des services publics dans les zones rurales. »

Raphaël Mequignon, candidat PCF pour le canton de Saint-Pol

Installé à Noyelles-les-Humières et technicien ERDF(tout comme la suppléante Émilie Crombez, de Blangy-sur-Ternoise), le candidat fonde son discours sur son expérience de terrain : « On va chez les gens tous les jours, on voit comment ils vivent, leurs difficultés dues à la disparition des services publics dans les zones rurales. » Ce constat est évidemment partagé par la frugeoise, Marie-Lise Rigaux : « Je suis née à Lisbourg et j’ai vu les commerces, les administrations disparaître les uns après les autres. Comment font les habitants qui ne peuvent pas se déplacer ? On ferme les trésoreries, les bureaux de poste… Le développement du numérique, c’est bien, mais on reste attachés au contact humain. Le canton compte des villes comme Saint-Pol et Frévent, mais autour, ce ne sont que de petits villages. Face aux déserts médicaux, les communistes se battent pour développer des maisons de santé avec des médecins salariés et en accompagnant les études des jeunes issus des milieux populaires avec des bourses. » La jeunesse est d’ailleurs au cœur de l’engagement de l’autre suppléant, René Grandsir, professeur retraité et élu à Saint-Pol – aujourd’hui dans l’opposition, et depuis toujours engagé dans la vie associative : « La formation est essentielle et le passage au collège est un moment essentiel dans la scolarité des jeunes. C’est là que tout commence, y compris les problèmes d’échec scolaire ou de harcèlement. Il faut doter les établissements de plus de moyens humains. Nous voulons aussi nous battre pour récupérer les 1,4 milliard d’euros de dette de l’État envers le Pas-de-Calais : on pourrait en faire des choses avec cette somme. »

« On ne peut pas considérer l’écologie en dehors des questions sociales. »

René Grandsir, candidat suppléant PCF pour le canton de Saint-Pol

Le quatuor se veut « solidaire, humain, social et écologique », autant de valeurs partagées par la gauche. Sur les questions environnementales, les candidats défendent les circuits courts, les mobilités douces et le transport ferroviaire : « On s’est battu pour l’étoile ferroviaire de Saint-Pol car elle répond aux besoins de la population. Ce n’est pas une compétence du conseil départemental, mais si toute l’institution se mobilise, elle peut peser sur les décisions », estime Raphaël Mequignon. « L’écologie est une notion transversale, qui doit être prise en compte dans tous les domaines. On ne peut pas considérer l’écologie en dehors des questions sociales », souligne René Grandsir. Dans les grandes lignes, le discours est en phase avec le socle de valeurs de la gauche, mais l’étiquette du PCF pourrait rebuter certains électeurs : « Il n’y a pas de honte à afficher son étiquette, c’est une question d’honnêteté », assume Marie-Lise Rigaux, approuvée par son colistier : « Ne pas voter, c’est se soumettre. J’espère que les électeurs vont se déplacer et voter à gauche. Si l’abstention est forte, ça favorisera le gouvernement actuel, voire la bête immonde. »


Autres candidats dans le canton de Saint-Pol aux élections départementales des 20 et 27 juin 2021
Centre droit : Ginette Beugnet – Hubert Degrève (Laëtitia Chabé-Journel ; Philippe Mayeur)
Divers droite : Ingrid Gaillard – Claude Bachelet (Danielle Vasseur – Olivier Rigot)
Rassemblement National : Lydie Surelle – Bruno Roussel (Étienette Devoye – Jérôme Condette)


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