TernoisCom : la grande mascarade


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L’installation du nouveau conseil communautaire s’annonçait longue, voire soporifique. Ça n’a pas loupé : six heures d’une réunion qui s’est conclue peu avant 1h du matin. Néanmoins, quelques événements ont animé la nouvelle assemblée, réunie dans le centre sportif intercommunal. Seuls les élus, les agents de TernoisCom et la presse étaient autorisés à accéder à la salle, à la condition de porter un masque, mais la séance était retransmise en direct sur Facebook pour que tout le monde puisse en profiter. Seul candidat à sa succession, Marc Bridoux est demeuré président de TernoisCom, réélu avec 117 voix sur 132 votants (5 nuls, 9 blancs). Benoît Demagny a même récolté une voix lors de l’élection du président, mais c’était un peu prématuré : le nouveau maire de Saint-Pol s’est présenté au tour suivant, au poste de vice-président chargé du développement économique. « Je serai un ambassadeur pour aller chercher des entreprises. Je suis entrepreneur, quoi de plus normal qu’un entrepreneur pour parler à d’autres entrepreneurs ou patrons d’entreprises ? » arguait le candidat, précisant qu’il s’était organisé pour consacrer quatre jours par semaine à ses fonctions de maire et de vice-président. Sans adversaire, Benoît Demagny s’est installé à la droite de Marc Bridoux à l’issue du scrutin.

Duel entre Pernois, avec des relents d’élections municipales

Le nombre de vice-présidents ayant été réduit de quinze à douze, le président a rappelé la règle retenue pour les candidatures : « Nous allons nous appuyer sur des délégués des centres-bourgs issus de la majorité. » Le maire d’Auxi-le-Château, Henri Dejonghe, seul candidat, a été reconduit en tant que vice-président pour l’insertion, l’emploi et la formation. C’était ensuite à Pernes d’être représentée par l’adjointe Hélène Merlin, candidate proposée par Marc Bridoux au poste de vice-présidente chargée des services à la personne, de la santé et du centre intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance. Mais une candidature dissidente a émergé en la personne de Jérôme Jossien, élu d’opposition dans cette même ville de Pernes. Les deux candidats ont pris le micro pour exposer leurs arguments et la maire de Pernes, Geneviève Jansoone, a souhaité lire une déclaration avant le scrutin, interpellant Jérôme Jossien : « Je ne peux que vous exprimer mon étonnement de vous voir postuler à un poste de vice-président de TernoisCom. Vous êtes conseiller municipal, élu à Pernes, et vous n’avez même pas eu la décence d’évoquer votre candidature. Cela ne m’étonne pas de vous. L’exécutif pernois soutient la candidature d’Hélène Merlin. » Cette dernière a bien été élue par 93 voix contre 30.

Deux femmes pour treize postes au bureau de TernoisCom

Les scrutins suivants se sont déroulés sans accroc : Tony Ramon (Frévent) a changé de vice-présidence, passant de la compétence piscine à l’assainissement ; Didier Hochart, premier adjoint à Saint-Pol – qui a droit à deux sièges au bureau en tant que centre-bourg – a été chargé de l’urbanisme et de la politique de l’habitat ; Jean-Luc Fay (Bonnières) est toujours vice-président mais passe des finances à la collecte et au traitement des déchets. Autre vice-président sortant, Yves Hostyn (Willencourt), auparavant chargé de la jeunesse, était le candidat pressenti pour reprendre la culture et le numérique, mais Claude Roussez espérait convaincre l’assemblée de la reconduire à ce poste. Or, elle est élue d’opposition à Saint-Pol : « Les compétences sont maintenant réservées aux ruraux. Si on met trois délégués à Saint-Pol, ça va faire un déséquilibre monumental. Je ne vais pas vous empêcher de vous présenter, mais il faut savoir quelle place peuvent avoir les ruraux », estime le président. Personne en revanche n’a évoqué un possible déséquilibre entre hommes et femmes (NDR : la parité n’est pas imposée dans l’exécutif des intercommunalités) : à l’issue de la soirée, seules deux femmes auront été élues, pour un total de treize postes. Sans Claude Roussez d’ailleurs, qui a défendu le bilan de son précédent mandat à la culture mais a finalement dû céder sa place à Yves Hostyn, élu par 87 voix contre 39.

« Je ne suis pas totalement naïf : l’environnement, ce n’est pas le pays des Bisounours ; Marc Bridoux, ce n’est pas la Reine des Neiges. »

Philippe Armand, maire d’Herlincourt

Après la reconduction sans surprise de Claude Bachelet, maire de Croisette, en tant que vice-président chargé du Pôle d’équilibre territorial et rural, arriva le comble du suspens avec l’élection la plus disputée : la vice-présidence à l’environnement, la prévention des inondations et l’eau. Face au candidat officiel, Claude Coquart (Fontaine-les-Boulans), se sont présentés Dominique Coquet (Conchy-sur-Canche), Damien Montel (Averdoingt), Olivier Delbé (Lisbourg) et Philippe Armand (Herlincourt). C’est à ce dernier qu’on doit la meilleure – voire la seule – punchline de la soirée : « Si je suis élu, j’aurai plaisir à travailler avec l’ensemble des vice-présidents et le président. Je ne suis pas totalement naïf : l’environnement, ce n’est pas le pays des Bisounours ; Marc Bridoux, ce n’est pas la Reine des Neiges. » La petite phrase a fait sourire jusqu’au président mais n’a pas suffi à convaincre. Après trois tours de scrutin (Claude Coquart s’étant retiré à l’issue du deuxième), Dominique Coquet a été intronisé vice-président. Il a été rejoint sans encombre par Ingrid Gaillard (Flers) pour l’enfance, la jeunesse et la parentalité ; Olivier Rigot (Tangry) pour la coopération et la mutualisation ; et Daniel Melin (Nœux-les-Auxi) l’emporte face Pascal Lefebvre (Heuchin) pour le tourisme et le patrimoine. L’exécutif était au complet, restaient quelques formalités à régler : les délégations de pouvoir au président ont été validées sans discussion, tout comme les indemnités des élus. Ces dernières sont restées au même niveau que lors du dernier mandat (2 625 euros pour le président ; 961 euros pour chaque vice-président), mais avec trois vice-présidents de moins, l’enveloppe globale est réduite de près de 35 000 euros. Minuit était passé, les élus avaient quitté leurs sièges, tandis que le nouvel exécutif posait pour la photo officielle, avant de pouvoir enfin prendre un peu de repos et de se mettre au travail : la première réunion de bureau a débuté huit heures plus tard.

Benoît Demagny : développement économique
Henri Dejonghe : emploi, insertion et formation
Hélène Merlin : services à la personne (santé, CISPD, …)
Tony Ramon : assainissement
Didier Hochart : urbanisme et habitat
Jean-Luc Faÿ : collecte tri traitement des déchets
Yves Hostyn : culture et numérique
Claude Bachelet : pôle d’équilibre territorial et rural (PETR)
Dominique Coquet : environnement, GEMAPI et eau
Ingrid Gaillard : enfance, jeunesse et loisirs
Olivier Rigot : coopération et de mutualisation
Daniel Melin : tourisme et patrimoine

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