Deux nouvelles têtes pour diriger les gendarmes du Ternois : « Le dialogue reste notre première arme. »

Fin du mercato estival à la CGSP (Compagnie de gendarmerie de Saint-Pol), avec l’arrivée d’un nouveau capitaine : Xavier Champain. À quarante-et-un an et demi, il revient sur le terrain, à la tête d’un effectif d’une centaine de gendarmes. Biologiste de formation, il s’est occupé de Fourmies durant trois ans, puis des Écureuils* d’Orléans pendant cinq années, avant d’arriver dans le Ternois. « Je suis content de revenir dans le Pas-de-Calais que j’ai connu lors de mes stages à Étaples et Écuires », souligne le nouveau commandant, qui garde notamment du département l’excellent souvenir de belles routes droites, idéales pour un motard comme lui. Jovial et taquin, de son propre aveu, il est amateur de bons mots, quitte à créer quelques néologismes au besoin. Ainsi, il parle de « clients » pour les personnes qui pourraient être interpellées, un terme neutre et respectant la présomption d’innocence – d’ailleurs, tous ne paient pas à la fin. Ce choix des mots témoigne de son attachement au dialogue : « Le contact, le relationnel, c’est très important. Ça fait 80 % du job. En dialoguant, on arrive à éteindre des incendies », estime le capitaine, rappelant le poète et slammeur Souleymane Diamanka : « Si quelqu’un te parle avec des flammes, réponds-lui avec de l’eau. » Auvergnat de naissance, il est plus attiré par l’ovalie que le ballon rond, tout comme d’ailleurs l’autre recrue estivale, Robin Michard, originaire d’Uzès, dans le Gard.

À vingt-cinq ans, le lieutenant va diriger la communauté de brigades de Saint-Pol et sa quarantaine de gendarmes. Il décroche ainsi son premier poste en gendarmerie : « On est très bien préparé en école. Le lieutenant est une personne très attentive et très réceptive », assure le capitaine Champain, qui montre tout sa confiance à ce bleu qui aura le même grade que lui dans deux ans – et devrait quitter le Ternois dans trois. Mathématicien de formation, Robin Michard est passé par l’école polytechnique, puis par l’école des officiers de la gendarmerie : « J’ai effectué un stage de près d’un an dans la police nationale. Ça m’a donné le goût du métier, d’être au service de la population, d’aider les gens : on en tire une grande satisfaction », estime le lieutenant Michard, en totale adéquation, tout comme le nouveau commandant, avec l’une des devises de la gendarmerie : « Une force humaine. »

* AS350 Écureuil : hélicoptères de la gendarmerie


Quelles sont les priorités pour le nouveau commandant de la compagnie de gendarmerie de Saint-Pol ?

« La brigade de Fourmies est comme une sœur jumelle de celle de Saint-Pol, avec des problématiques liées aux violences intrafamiliales, des problèmes de mœurs, de consommation d’alcool et de stupéfiants », constate le capitaine Xavier Champain, pour qui ces thématiques resteront prédominantes. Les violences intrafamiliales sont déjà traitées dans le Ternois par une équipe spéciale, composée de six gendarmes du territoire : « Tous les signalements sont importants et doivent être pris en compte. Nous allons renforcer l’effectif de cette équipe et élargir le spectre de leurs prérogatives. En leur accordant plus de moyens, nous soulagerons le reste de nos forces qui pourront se concentrer sur les autres thématiques », estime le commandant de la compagnie. Un autre aspect lui rappellera ses années à Fourmies, où il avait dû gérer des chantiers immobiliers : dans le Ternois, la construction de la nouvelle gendarmerie de Frévent est en cours, celle d’Aubigny devrait bientôt s’installer à Savy-Berlette, et celle de Saint-Pol pourrait remonter la rue de Canteraine, jusqu’à la zone d’Herlin-le-Sec. Néanmoins, concernant ce dernier chantier : « Le projet est en cours, le général Tavard le suit avec attention, mais la décision n’est pas encore totalement arrêtée. Je ne pense pas que je verrai la nouvelle caserne de Saint-Pol », estime le capitaine, qui devrait rester quatre ans dans le Ternois. La crise sanitaire mobilise également les gendarmes, désormais chargés de contrôler le respect de la mise en place du pass sanitaire : « La première semaine, nous étions dans la pédagogie : nous avons contrôlé une quarantaine de personnes, dans quatre établissements, et aucune infraction n’a été relevée. Notre première arme reste le dialogue. » Dans cet esprit, le capitaine Champain va poursuivre la mise en œuvre de la PSQ – Police de sécurité du quotidien – qui vise à entretenir des relations de proximité : « On est en lien avec les élus, on a déjà pris contact avec les acteurs économiques importants du territoire. Parmi la population, certains sont très contents de nous voir arriver, d’autres nous sont farouchement opposés, mais les lois sont les mêmes pour tous. »


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