Deux petits pois dans le bocal : un collectif pour changer le monde ici et maintenant, avec le sourire !


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« Depuis qu’on a travaillé le jardin, on voit tous les pollinisateurs venir, c’est un vrai bonheur », s’émerveille Virginie Catalan, en admirant une abeille butiner ses fleurs. Depuis quelques années, la quadragénaire est devenue une militante écologiste du quotidien et a petit à petit embarqué dans sa démarche sa famille, ses amis, ses collègues et même ses voisins du quartier Wathieumetz de Saint-Pol : « Durant le confinement, on se retrouvait tous à 20h pour applaudir les soignants. A partir de là, on a créé un petit réseau d’entraide, on s’échange des semis de plantes. Maintenant, on veut faire grandir ces graines qu’on a semées durant cette période. »

« Chez moi, j’ai supprimé la grande poubelle. À quatre, on ne produit plus que 250 grammes de déchets par mois. »

Marianne Briois, militante hernicourtoise de « Deux petits pois dans le bocal »

Après avoir transformé son quotidien, Virginie voit plus loin : elle et son amie Marianne Briois, d’Hernicourt, travaillent à la constitution d’un collectif autour des questions environnementales. « On s’est rencontrées en accompagnant nos filles à la danse. En discutant, on s’est rendu compte que nous avions les mêmes préoccupations environnementales, on a commencé à s’échanger quelques trucs », raconte Virginie. Les deux femmes se sont rendues – en covoiturage évidemment – à une conférence de Jérémie Pichon, auteur de La famille presque zéro déchet, et ont eu l’idée de créer un groupe Facebook pour partager les bonnes pratiques environnementales, sous le nom “Deux petits pois dans le bocal”. « Lorsqu’on fait le tri, on se rend compte de tous les déchets qu’on peut accumuler, alors qu’il existe des solutions pour les limiter, explique Marianne. On peut faire du compost dans son jardin, donner les déchets organiques aux poules. Chez moi, j’ai supprimé la grande poubelle. À quatre, on ne produit plus que 250 grammes de déchets par mois. » Virginie a réussi à réduire à trois kilos par an les déchets de sa famille de cinq personnes : « C’est un non-sens d’enfouir ou d’incinérer des déchets organiques, qui représentent 30 % des poubelles, alors qu’il existe d’autres solutions, même si ça implique d’avoir des coquilles de moules au milieu de ses fraises », sourit la joyeuse Saint-Poloise qui réussit à faire tenir tous ses déchets dans un bocal de verre : « Il n’y a que pour les emballages de médicaments et les sparadraps qu’on n’a pas trouvé d’alternative. »

Marianne et Virginie partagent joie de vivre, trucs et astuces, et plantes en tous genres. (Photo : Élodie Froment)

« On peut faire bouger les choses de l’intérieur, même à petite échelle. »

Virginie Catalan, militante saint-poloise de « Deux petits pois dans le bocal »

Il aura fallu quelques années aux deux femmes pour atteindre un tel résultat, mais à force de recherches et d’échanges de bonnes pratiques, elles se sont rendu compte et ont démontré qu’il est possible de consommer autrement : « On a listé les commerçants du coin qui vendent des produits en vrac, comme le maraîcher Eric Leduc d’Herlin-le-Sec, qui nous livre chaque semaine, ou la boutique à L’Instant Présent pour les produits de soin et de beauté. A force de leur en parler, ils ont même ouvert un rayon “zéro déchet”, avec du maquillage rechargeable ou des pailles en bambou. Ça montre qu’on peut faire bouger les choses de l’intérieur, même à petite échelle. Au boulot, j’étais la seule à avoir une gourde en métal et à apporter mon mug, il y a encore six ans ; maintenant, mes collègues en font autant », constate avec satisfaction Virginie, qui a converti toute sa famille, y compris Anatole, le petit dernier, qui a bien intégré le message du haut de ses sept ans et demi : « On fait ça pour sauver la planète ! » Quant à la plus grande, Clara, elle donne désormais des conseils à ses copines et même à ses profs : « La plus grand incohérence, c’est qu’on a le label éco-lycée à Châtelet et il n’y a même pas un composteur ! »

« Lors de la première réunion, il y avait des gobelets en plastique. J’ai fait la remarque et le maire m’a assuré qu’on allait arranger ça. »

Marianne Briois, militante hernicourtoise de « Deux petits pois dans le bocal »

Directrice de l’école d’Auchy-les-Hesdin, Marianne s’efforce de son côté de montrer l’exemple à ses élèves et à développer l’éducation à l’environnement : « Pendant le confinement, je les ai incités à observer la nature, les oiseaux, les insectes. On avait fait une semaine autour des “super héros du zéro déchet”, ainsi que des ateliers avec les parents pour voir ce qu’il est possible de faire, ça avait très bien marché. Maintenant, ce sont les enfants qui poussent à faire le tri chez eux. » De plus, elle a intégré le conseil municipal d’Hernicourt où elle a déjà bousculé les habitudes : « Lors de la première réunion, il y avait des gobelets en plastique. J’ai fait la remarque et le maire m’a assuré qu’on allait arranger ça. » Virginie s’était également portée candidate aux municipales à Saint-Pol, sur la liste de Maurice Louf, avec la ferme intention de faire évoluer les pratiques, mais sans succès électoral. Néanmoins, sa motivation reste intacte et elle veut continuer son combat sous une autre forme.

Marianne et Virginie ont embarqué la jeune Clara dans leur démarche.

« Peut-être qu’on ne changera pas le monde, mais on veut y croire. On a besoin d’utopistes, sinon rien ne se fera. »

Virginie Catalan, militante saint-poloise de « Deux petits pois dans le bocal »

Les deux militantes souhaitent désormais faire évoluer leur groupe “Deux petits pois dans le bocal” en un collectif : « Ça nous permettrait d’avoir plus de visibilité et de lancer des actions sur le terrain. On voudrait proposer des conférences, développer un réseau avec les acteurs et commerçants du Ternois, organiser une brocante autour du troc… Le zéro déchet est une porte d’entrée, mais on voudrait maintenant passer à la transition écologique en abordant des sujets comme la mobilité, l’alimentation, l’économie circulaire, l’énergie. » Comme en témoignent leurs blogs respectifs, “Happy Virginie” et “Happy moments by Mary”, les deux femmes militent pour une écologie joyeuse, sans chercher à moraliser ou culpabiliser les consommateurs : « On est très positives, même si parfois on passe pour des chieuses, sourit Virginie. On sait que nous ne sommes pas parfaites dans notre démarche, que nous avons nos contradictions, mais on s’efforce d’agir au quotidien. Peut-être qu’on ne changera pas le monde, mais on veut y croire. On a besoin d’utopistes, sinon rien ne se fera. »

Deux petits pois dans le bocal
-> Le groupe Facebook
Contact : vivi62130@yahoo.fr ; leonbriois@yahoo.fr

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