Pronostic rassurant pour la polyclinique du Ternois, toujours convalescente


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« Difficile » était le meilleur, voire le seul qualificatif pour l’année 2019 à la polyclinique du Ternois. Lors de la cérémonie des vœux – boudées par bon nombre de salariés – tous les responsables de l’établissement et du groupe AHNAC ont utilisé cet adjectif lorsqu’il s’agissait de revenir sur l’année précédente, marquée par une série de licenciements économiques : « La décision de se séparer de neuf collaborateurs a été la plus difficile que j’ai eue à prendre », confessait Dominique Diago. Pour le président de l’AHNAC, ce sacrifice a pourtant été salutaire : « Financièrement, 2019 a été bien meilleure que 2018, puisque nous sommes passés d’un déficit de 1,8 millions d’euros à 600 000 euros, dont 250 000 euros liés aux licenciements. » Dominique Diago avait promis précipitamment que, suite à la fermeture de la chirurgie, la polyclinique allait retrouver l’équilibre économique en 2019 ; il réitère sa promesse pour 2020.

« L’activité médicale est stable. Je souhaite vous rassurer sur la pérennité de la polyclinique. »

Laurent De Rycke, directeur de la polyclinique du Ternois

Le nouveau directeur Laurent De Rycke est confiant : « L’année dernière, le travail visant à rétablir l’équilibre ne faisait que commencer. Nous avons enregistré une augmentation de 15 % de l’activité du SSR (1) polyvalent et de 30 % pour le SSR spécialisé. Nous avons vingt spécialistes qui interviennent ici et qui ont effectué près de 9 000 consultations. L’activité médicale est stable. Je souhaite vous rassurer sur la pérennité de la polyclinique. Nous sommes sur la bonne trajectoire et nous ne comptons pas en dévier, grâce à l’engagement des 105 professionnels de l’établissement. » La direction de l’établissement compte notamment sur une autorisation de l’ARS(2) permettant la rééducation en hôpital de jour, c’est-à-dire en permettant aux patients de rentrer chez eux, mais cette offre nécessite de renforcer l’équipe médicale : or, tout comme pour la médecine de ville, la polyclinique doit faire face aux difficultés de recrutement .

Maintien de l’accueil non-programmé grâce aux financements de l’ARS

Un temps menacé, l’accueil non programmé (NDR : les urgences) est maintenu, sous perfusion : « L’ARS a accepté de financer l’accueil non programmé dans sa totalité. Nous devons renforcer notre potentiel médical, élargir nos équipes malgré les difficultés de recrutement. Le décloisonnement apparaît comme une nécessité impérieuse : nous avons pris des contacts avec l’établissement d’Hesdin, nous devons renforcer les liens avec les établissements du groupe AHNAC, établir un projet de territoire avec nos partenaires comme le centre hospitalier d’Arras et la Maison de santé Léonard-de-Vinci. Il est indispensable de rétablir une image positive de la clinique pour montrer que nous ne sommes pas résignés », estime Patrick Dewasme, pédégé de l’établissement.

« Nous devons réussir à apporter des spécificités dans notre offre de soin et à nous tourner au maximum vers notre territoire. »

Patrick Dewasme, pédégé de la polyclinique du Ternois

Dans cette perspective, la polyclinique du Ternois pourrait être reconnu comme hôpital de proximité : « Nous sommes totalement dans le modèle plébiscité par le ministère de la Santé. On se battra pour obtenir ce label et je ne doute pas qu’on y arrivera. Nous devons réussir à apporter des spécificités dans notre offre de soin et à nous tourner au maximum vers notre territoire. » La stratégie de la polyclinique est claire mais elle n’est pas seule maîtresse de sa réussite qui dépendra beaucoup des patients qui viendront d’eux-mêmes à Saint-Pol et grâce à d’autres établissements, qui ne sont pas forcément en meilleure forme : « Le secteur de la santé traverse une crise profonde, mais nous avons trouvé les moyens de pérenniser la polyclinique du Ternois, ce qui n’était pas gagné d’avance », selon ke DG. « Grâce aux aides de l’Etat, c’est tout le groupe AHNAC qui devrait s’approcher de l’équilibre cette année », s’avance prudemment le président Diago, qui ne voudrait pas perdre un nouveau pari.

(1) SSR : soins de suite et de réadaptation
(2) ARS : Agence régionale de santé

Dominique Creton a reçu la médaille du travail Grand Or pour quarante ans de service. Isabelle Delmotte et Lionel Szczepaniak ont été remerciés pour leur travail et salué pour leur départ en retraite.

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