La chocolaterie et la boulangerie Hemelsdaël essaient de limiter la casse pour les fêtes de Pâques

« Pour la chocolaterie, la situation est critique. Pour Pâques, nous n’allons réaliser que 20 % du chiffre qu’on fait les autres années. » À quelques jours de Pâques, la crise sanitaire s’est transformée en crise économique au Comptoir des Gourmets : la boutique est fermée depuis le début du confinement puisque ses produits alimentaires ne sont pas considérés comme de première nécessité. Elisabeth Hemelsdaël et sa fille, Justine, auraient dû fêter le troisième anniversaire de la boutique lundi dernier : « C’est un moment fatidique lorsqu’on lance un commerce. La crise tombe au pire moment : les fêtes de Pâques devaient nous permettre de tenir jusqu’en septembre. Pâques et Noël sont les deux grosses fêtes qui nous apportent de la trésorerie pour les mois suivants. »

« Les commandes pour Pâques sont passées à Noël : les œufs, les contenants ont été livrés avant le confinement. »

Elisabeth Hemelsdaël, du Comptoir des Gourmets et de la boulangerie éponyme

Pour essayer de limiter les pertes, le Comptoir des Gourmets a pu s’appuyer sur la boulangerie Hemelsdaël pour écouler une partie de la production : « Nous avons proposé quelques moulages et des sachets d’œufs, mais nous n’avons pas réalisé de grandes pièces, cette année. Les commandes pour Pâques sont passées à Noël : les œufs, les contenants ont été livrés avant le confinement. Nous avons reçu une commande conséquente de la polyclinique du Ternois en dernière minute, ce qui va nous permettre de réduire un peu nos pertes. Nous avons aussi pu compter sur nos clients fidèles que nous avons livrés à domicile. » Néanmoins, il sera impossible d’écouler l’ensemble des stocks et la chocolatière fait contre mauvaise fortune bon cœur : ses invendus seront offerts aux résidents de quelques instituts, comme l’IME de Canteraine. De la même manière, les pains et viennoiseries de la boulangerie sont régulièrement donnés à l’antenne locale de la Protection Civile.

« Nos vendeuses accueillent toujours beaucoup de monde, chaque client peut transporter le virus, nous devons donc prendre un maximum de protection. »

Elisabeth Hemelsdaël, du Comptoir des Gourmets et de la boulangerie éponyme

« La boulangerie ne réalise plus que 30 % de son chiffre habituel : nous n’avons plus de snacks, de commandes pour les écoles, les habitants ne reçoivent plus chez eux… Au début du confinement, nous avions maintenu une ouverture toute la journée, mais nous avons rapidement arrêté : ça ne servait à rien de maintenir l’après-midi pour seulement une dizaine de personnes. De toute façon, la ville est totalement déserte, l’après-midi. » Malgré l’effondrement des ventes, Elisabeth Hemelsdaël a maintenu deux vendeuses en poste afin d’assurer la protection sanitaire de ses salariés : une pour s’occuper de la caisse et l’autre pour servir les clients. « Une seule vendeuse aurait pu suffire, mais elle aurait passé son temps à enfiler et retirer ses gants, ça aurait été l’enfer. On a eu du mal à trouver des masques pour les protéger, mais on a réussi à se débrouiller jusqu’à maintenant, grâce notamment à des personnes travaillant dans le bâtiment qui nous en ont offert. J’ai commandé des visières que j’espère recevoir bientôt. On avait aussi un stock de gels hydroalcooliques et de lingettes qu’on utilisait déjà au quotidien. Nous avons des vendeuses fantastiques et nous nous efforçons de les protéger au mieux : elles accueillent toujours beaucoup de monde, chaque client peut transporter le virus, nous devons donc prendre un maximum de précautions. »

« Quand on sortira de tout ça, on sera tous dans la même galère, nous devrons nous serrer les coudes. »

Elisabeth Hemelsdaël, du Comptoir des Gourmets et de la boulangerie éponyme

Heureusement, les clients semblent avoir bien assimilé les mesures : chaque matin, ils attendent en file indienne sur le trottoir, en respectant une bonne distance de sécurité : « Les gens sont compréhensifs. Tout le monde respecte bien les gestes barrières, les distances d’un mètre, la limite de de deux personnes à la fois dans le magasin. On n’a pas besoin de faire la police. La difficulté porte plutôt sur l’anticipation des besoins, car très peu pensent à commander. » À défaut de pouvoir servir normalement ses clients, Elisabeth Hemelsdaël essaie de préparer la suite, sans savoir de quoi demain sera fait : « C’est très dur de se projeter. Je viens de recevoir un e-mail de mon comptable, j’ai une tonne de papiers à fournir pour espérer toucher quelques aides, mais de toute façon, ça ne couvrira pas nos pertes. Le gouvernement annonce des reports de charges, mais si on n’a pas de trésorerie, on n’aura toujours pas de quoi les payer. Quand on sortira de tout ça, on sera tous dans la même galère, nous devrons nous serrer les coudes. L’important pour l’instant, c’est que nous restions en bonne santé. »

La boulangerie-pâtisserie Hemelsdaël reste ouverte de 6h30 à 14h30.
Des commandes peuvent être passées auprès du Comptoir des Gourmets et retirées à la boulangerie au 06.20.04.25.78.

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