Saint-Pol : Hélène Martin encre des morceaux d’histoire avec des tatouages celtiques et nordiques


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« J’ai tatoué ma sœur, mes cousins, même mon père et ma mère : toute ma famille y est passée ! Pendant le confinement, j’en ai fait plein sur mon mari », s’amuse Hélène Martin, qui n’a pas oublié son propre corps, largement couvert de dessins. À trente-six ans, cette native de Croisette n’a pas encore ouvert son salon qu’elle enregistre déjà ses premiers rendez-vous pour des clients du Ternois, mais aussi de bien plus loin : « J’ai eu une demande d’une personne de Rouen, d’une autre au sud de Paris. Je vais ouvrir au plus tard mardi et ma journée est déjà remplie. »

« Quand je dessine, j’explique toujours d’où vient mon inspiration, j’essaie d’être précise et fidèle dans les descriptions et les reproductions. »

Si Hélène est déjà tant demandée, c’est qu’elle s’est spécialisée dans un style très particulier, avec des dessins celtique et nordique : « Je m’appuie sur des motifs retrouvés sur des objets archéologiques et je les arrange à ma sauce. Ma vraie différence est que j’y ajoute des couleurs, avec une palette inspirée des enluminures du Livre de Kells, réalisées par des moines irlandais qui avaient conservé des aspects de la culture païenne. J’aime garder l’authenticité, les motifs originaux, mais en apportant une touche de modernité. » Les dessins qui ornent sa vitrine illustrent bien son style et le nom de son salon est évidemment en phase avec les inspirations de l’artiste : « Morrigan est une déesse celtique, qui apparaissait sur les champs de bataille, sous la forme de trois corneilles mantelées – c’est mon oiseau préféré. Mon mari et moi sommes passionnés d’histoire, de mythes et de légendes. J’ai adoré l’Irlande, j’ai pris une grande claque quand nous sommes allés en Écosse. J’espère pouvoir bientôt découvrir la Norvège. Même en France, dès qu’on passe à côté de menhirs, il faut qu’on s’y arrête. Quand je dessine, j’explique toujours d’où vient mon inspiration, j’essaie d’être précise et fidèle dans les descriptions et les reproductions. » Hélène est d’ailleurs très fière d’avoir été repérée par des amateurs des cultures celtiques et nordiques, y compris par des historiens spécialisés. Une reconnaissance acquise grâce aux réseaux sociaux – notamment Instragram – qui lui ont permis d’exporter ses illustrations en Angleterre, en Allemagne ou aux États-Unis pour des livres ou des t-shirts.

« Je suis vraiment spécialisée dans les styles celtique et nordique. Je peux aussi faire du old-school, des lettrages ou des dessins plus classiques. »

Hélène est avant tout une artiste, formée à l’école supérieure des arts appliqués de Roubaix et abreuvée de culture alternative : « Avec mon mari, on traînait beaucoup dans le milieu punk de Lille, on était entourés de gens tatoués. J’avais une furieuse envie de tatouer et j’ai rencontré une artiste reconnue, Amarë, qui m’a beaucoup encouragée et conseillée. On avait fait la même école d’art et elle m’a donné suffisamment confiance en moi pour me lancer à un moment où je ne me retrouvais plus dans mon travail. » Après ses études, elle a enchaîné les petits boulots – jusqu’à vendre des tondeuses chez Casto – puis s’est réorientée dans le social, où elle utilisait l’art pour valoriser les personnes qu’elle accompagnait. Soutenue et guidée par son amie, l’artiste a investi dans du matériel de qualité et s’est fait la main sur des peaux synthétiques : « On peut s’entraîner sur des peaux synthétiques ou des peaux de cochons, mais étant végétarienne, j’ai préféré éviter le cochon », sourit Hélène, qui a ensuite décoré ses proches. Elle est désormais prête à mettre ses aiguilles et son talent au service de tous, mais avec quelques précautions. « Je suis vraiment spécialisée dans les styles celtique et nordique. Je peux aussi faire du old-school, des lettrages ou des dessins plus classiques. Mais je ne sais pas faire des choses très spécifiques, comme des biomécaniques, ou des tatouages réalistes comme en réalise Poï qui est déjà installé à Saint-Pol depuis un moment. Chacun a son style, on est complémentaires. »

Hélène s’est entraînée sur ses proches, en commençant par son mari, Élie.

« Depuis une dizaine d’années, le tatouage s’est démocratisé, mais ce n’est pas encore totalement accepté. Moi-même, j’ai attendu d’avoir un CDI avant de me tatouer les mains. »

Hélène fixe également ses limites : pas de tatouages politiques (d’autant que l’extrême-droite s’est largement accaparé la culture celtique et nordique) ; pas de tatouage pour les mineurs, même avec une autorisation parentale. De plus, elle déconseille un premier tatouage sur des parties trop visibles, comme les mains, le cou ou le visage : « Depuis une dizaine d’années, le tatouage s’est démocratisé, mais ce n’est pas encore totalement accepté. Moi-même, j’ai attendu d’avoir un CDI avant de me tatouer les mains. Quand j’étais salariée, je voulais prouver ce que je valais avant d’afficher mes tatouages. » Désormais, Hélène n’a plus à se cacher, ses tatouages sont même une carte de visite, jusqu’aux runes qui ornent ses doigts. Le succès de la série Vikings a popularisé la culture nordique et le prochain Assassin’s Creed devrait engendrer un nouvel engouement pour les motifs celtiques et nordiques, même si les puristes sont très critiques sur ces productions. Justement, Hélène saura proposer des créations au plus près de la réalité historique, tout en apportant sa touche personnelle et moderne : plus qu’un simple tatouage, c’est un peu d’histoire qu’elle propose d’encrer.

Morrigan Tattoo Shop
20 place Louis-Lebel, Saint-Pol-sur-Ternoise
Contact sur sa page Facebook et son compte Instagram.

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