La campagne des élections municipales 2026 débute tout doucement dans la capitale du Ternois avec « un groupe d’habitant.e.s de Saint-Pol-sur-Ternoise soucieux de [leur] ville et volontaires pour mettre en place des projets », selon un communiqué envoyé le week-end dernier, afin que les médias partagent une « invitation aux habitant.e.s » à une réunion qui se tiendra le mercredi 17 septembre à 19h à la Maison pour Tous de Saint-Pol-sur-Ternoise. « Lors de cette réunion, nous souhaitons inviter les habitant.e.s pour écouter les besoins, envisager des actions concrètes et présenter la manière dont nous souhaitons constituer cette liste », précise le communiqué, qui ne comporte aucun nom ou signature. Ce groupe s’est déjà réuni pour réfléchir à des axes de travail : « l’éducation et la petite enfance, l’environnement, la vie associative et la citoyenneté, les activités économiques et artisanales, la place de la culture, la nécessité d’un projet social et sanitaire et la sécurité et le vivre ensemble. » Pour en savoir plus, il faudra aller à la rencontre de ces mystérieux citoyens le 17 septembre. Néanmoins, ils ont laissé quelques indices.
Déjà, l’usage de l’écriture inclusive semble exclure une liste d’extrême-droite, voire de droite : c’est déjà un choix, un marqueur politique. Le communiqué est envoyé depuis l’adresse st-pol2026@proton.me : déjà en juin dernier, le groupe Facebook Le Polopolitain faisait fuiter un premier appel intitulé “Une liste citoyenne pour les élections municipales 2026 : inventer le Saint-Pol de demain”, affichant cette même adresse. Dans ce premier appel, on apprenait que ce « groupe d’habitant.e.s » comptait « plusieurs élu.e.s actuel.le.s », sans préciser lesquels. Le communiqué envoyé à la presse est accompagné d’un numéro de téléphone : une rapide recherche sur internet permet de remonter jusqu’à… René Grandsir, ancien adjoint du socialiste Maurice Louf, candidat suppléant aux dernières cantonales avec le Parti Communiste, aujourd’hui conseiller municipal dans le groupe minoritaire (et visiblement pas le seul dans l’équipe). Un autre Saint-Polois a partagé l’appel sur Facebook : Frédéric Carette, ancien représentant CGT des agents de la ville, militant écolo et antinucléaire, membre des Voix Vertes du Ternois. Quant aux autres ? Rien de public… pour le moment.


La publication de Frédéric Carette a été likée par l’ancien maire, Maurice Louf, qui était d’ailleurs de retour dans le Ternois ce week-end, mais de là à en conclure à un come-back politique… De sources concordantes, son successeur, Benoît Demagny a lui-même envisagé un retour, après sa démission – mais l’idée semble aujourd’hui abandonnée. Quant à l’actuelle maire, Danielle Vasseur, elle ne semble pas motivée à défendre son bilan dans les urnes. Reste l’ombre d’une liste d’extrême-droite : si depuis plusieurs mois, des rumeurs persistantes annoncent une liste qui serait bien avancée, voire bouclée, rien ne filtre. À se demander si ce ne serait pas de l’intox… En tout cas, le député RN Emmanuel Blairy ne se montre pas beaucoup dans le Ternois, alors qu’il fait ouvertement la promo d’un son poulain à Bapaume, Jérôme Duez, candidat pro-houmous. Bref, pour l’instant, seul un appel citoyen sans revendication politique est lancé pour la campagne polopolitaine, avec la « volonté de construire une liste pour les prochaines élections municipales », « une liste citoyenne ouverte à celles et ceux qui ont des idées, des envies, de la compétence et du temps à donner pour soutenir et accompagner les projets ». Des premières rencontres pourront se faire ces prochains jours, puisque « des opérations de tractages sur le marché et dans la ville auront lieu prochainement ».
