Cérémonies et expositions pour redécouvrir la Grande Guerre à Saint-Pol et dans le Ternois

« Sous cette pierre repose le corps d’un soldat britannique, de nom et de grade inconnus, ramené de France pour reposer parmi les gloires de ce pays et enterré ici le jour de l’armistice le 11 novembre 1920. » Depuis plus d’un siècle, The Unknown Warrior est enterré dans la nécropole de l’abbaye de Westminster, « inhumé parmi les rois », comme l’a rappelé, samedi, le maire de Saint-Pol, lors de la commémoration du choix du soldat inconnu britannique. En effet, c’est dans la capitale du Ternois qu’a été désigné le combattant qui représente depuis tous les Britanniques tombés au front lors de la Grande Guerre : dans la nuit du 7 novembre 1920, dans une chapelle ardente installée dans la ville, les restes de quatre soldats inconnus, à l’état de squelettes, furent présentés au général Wyatt qui en choisit un pour les représenter tous. Samedi soir, la cérémonie de commémoration fut l’occasion de rappeler cet événement en grande pompe, avec le Samarobriva Pipes & Drums Band. Les musiciens ont emmené le cortège en musique de l’hôtel de ville au cimetière militaire, puis au monument aux morts, place de Verdun, où une stèle, gravée en anglais et en français, rappelle ce choix historique.

Deux expositions sur la Grande Guerre dans le Pas-de-Calais et le Ternois

Pour mieux faire connaître cet événement à la population, une signalétique d’interprétation a été inaugurée lors de la cérémonie. Elle a été réalisée par l’historienne Zélie Duffroy, dont d’autres travaux sont présentés au musée Bruno-Danvin jusqu’au 14 novembre : l’exposition “Le Pays du Ternois dans la Grande Guerre” permet de découvrir comment le territoire a été marqué durant le conflit. La vie quotidienne des habitants et des militaires, les enjeux stratégiques du territoire, les nombreux aérodromes et le Tank Corps d’Érin, ou encore les visites des figures historiques de l’époque sont racontées au travers d’une vingtaine de panneaux reprenant des photos d’archives et des textes explicatifs, illustrant les différents aspects du conflit dans le Ternois. L’ensemble a été enrichi par des documents et objets issus des archives de la ville, notamment des journaux de guerre rédigés par deux Ternésiens, Clovis Grimbert et Jules Garçon, alias Georges Letervanic. Les visiteurs retrouveront certains thèmes évoqués au musée Danvin dans l’autre exposition visible au square de Warstein, “Une guerre sans clichés”, qui évoque également la vie quotidienne durant le conflit dans le Pas-de-Calais. Dans une scénographie inspirée des tranchées, trente-deux photographies offrent un autre regard sur le conflit et le Ternois est là encore bien représenté : des saphris tunisiens installés à Wavrans-sur-Ternoise, la visite de la reine Mary de Teck à Érin, des soldats britanniques devant la bibliothèque de Frévent, ou encore le beau regard dans le vide d’Émile Bernard, prisonnier de guerre en Allemagne, Émile Bernard, qui sera quelques années plus tard l’un des fondateurs de l’US Saint-Pol. Une façon de découvrir des aspects méconnus de la Grande Guerre et de l’histoire du Ternois. D’ailleurs, comme le maire Benoît Demagny l’a souligné : « Saint-Pol n’a pas à rougir en matière culturelle, même à l’internationale. Vous allez vous en rendre compte en 2022 », sans en dévoiler plus pour l’instant. Le suspense est insoutenalbe !


Exposition « Le Pays du Ternois dans la Grande Guerre » : au musée Bruno-Danvin (rue Oscar-Ricque) les mercredis, samedis et dimanches, de 14h30 à 17h30 jusqu’au 14 novembre.
Exposition « Une guerre sans clichés » : visible au square de Warstein jusqu’au 14 novembre.


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