La Chambre régionale des comptes débarque pour décortiquer les finances de Saint-Pol


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Résumé des épisodes précédents :
Le 9 juillet dernier, deux agents de la ville – dont le directeur général des services – ont été suspendus pour quatre mois, suite à des suspicions de détournements de fonds. Ce même jour, l’ancienne collaboratrice de Maurice Louf était invitée à quitter la mairie, son poste et son embauche s’appuyant sur une fausse délibération.

La Chambre régionale des comptes va passer au peigne fin les finances de la ville de Saint-Pol. Le maire l’a annoncé lors du dernier conseil municipal : « Un audit de la Chambre régionale des comptes a débuté. Nous avons eu une première rencontre le vendredi 16 octobre. L’audit doit s’étaler sur un an et demi, à peu près. » Benoît Demagny ne s’est pas étendu sur le sujet mais explique que ce contrôle de la Cour des comptes intervient à sa demande, suite à la découverte cet été de possibles détournements de fonds : « Peut-être qu’il en existe d’autres, c’est pourquoi j’ai demandé l’intervention de la Chambre régionale des comptes. » En effet, les magistrats vont se pencher sur la gestion de la ville sous le mandat de Maurice Louf, les suspicions de détournements portant sur la période 2012-2020. Sur le fond de l’affaire, rien ne transpire, mais le maire assure que « des procédures sont en cours ». La ville de Saint-Pol et TernoisCom avaient porté plainte au début de l’été et le maire a annoncé au conseil municipal que la ville a passé une convention avec un cabinet d’avocats – le même que celui de la communauté de communes – pour défendre ses intérêts dans deux affaires : celle de détournements présumés et celle concernant la fausse délibération et l’embauche de l’ancienne collaboratrice de Maurice Louf.

« J’ai vu des cabinets de chasseurs de têtes pour recruter un bon DGS : on a la capacité d’attirer, avec notre projet, des personnes qualifiées de ce type de niveau. »

Benoît Demagny, maire de Saint-Pol-sur-Ternoise

Tous deux dévoilés le même jour, les deux dossiers s’entremêlent depuis le début. Ainsi, le directeur général des services a été suspendu pour « complicité de détournements de fonds », mais c’est au titre de l’autre affaire que le maire « envisage » de le déchoir de ses fonctions : « J’ai eu un entretien avec le DGS actuel. Après avoir entendu ses explications écrites et orales sur les faits reprochés, j’envisage de lui retirer le détachement de l’emploi fonctionnel de DGS. C’est une décision importante et elle sera prise début décembre. L’enjeu majeur de tout cela, c’est la confiance : aujourd’hui, il est difficile de concevoir une relation basée sur la loyauté et la confiance réciproque après, notamment, le dossier de l’embauche basée sur de fausses délibérations. » Les démarches sont déjà bien engagées pour trouver un remplaçant : la majorité municipale a voté la création d’un poste d’ingénieur principal, « afin de pallier l’absence des deux agents suspendus ». « J’ai vu des cabinets de chasseurs de têtes pour recruter un bon DGS : on a la capacité d’attirer, avec notre projet, des personnes qualifiées de ce type de niveau. Il est important d’avoir un bon management au niveau de la mairie ; d’avoir des personnes avec du réseau pour pouvoir aller chercher les subventions ; d’avoir aussi des personnes avec un certain savoir-être, un état d’esprit pour bien fonctionner avec l’équipe municipale et les agents. Il est important aussi d’avoir l’état d’esprit pour un bon échange avec la communauté de communes », estime le maire.

Des agents de TernoisCom pour remplacer les trois congédiés

Actuellement, les tâches dévolues aux deux agents suspendus sont assurées en partie par la DGS de TernoisCom, partiellement détachée à la mairie de Saint-Pol. Son collègue, responsable de la communication de l’intercommunalité, est également arrivé pour prendre en charge celle de la ville, mais dans le cadre d’un contrat de prestation : ces tâches étaient auparavant assurées par la collaboratrice du maire. La suspension de quatre mois des deux agents arrive à terme et ils doivent passer en conseil de discipline, et pourraient théoriquement réintégrer l’effectif communal, mais pour l’instant, aucune décision de justice n’est tombée concernant des détournements de fonds toujours présumés.

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