Saint-Pol : le cinéma Le Régency revit et tire les leçons de la crise sanitaire


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« Quelle émotion de retrouver un public si nombreux. J’ai pu ressentir à quel point partager ma passion du cinéma avec les spectateurs m’avait manqué. J’ai eu bien du mal à retenir mes larmes, tellement ce moment était magique. » Après des mois de fermeture et des semaines en jauge réduite, le directeur du Régency a pu admirer de nouveau la salle du cinéma de Saint-Pol quasiment pleine jeudi dernier. Avec le retour du public, les événements culturels peuvent reprendre : Laurent Coët et son équipe avaient pris les devants en invitant le réalisateur Jean-Pierre Améris pour l’avant-première de Profession du père. Les cinéphiles étaient bien présents pour partager le plaisir de découvrir un film en salle, puis pour échanger pendant près d’une heure avec le réalisateur.

« Notre précédente assemblée générale s’était déroulée en visio, en novembre dernier. On est très émus et ravis d’être de nouveau avec vous ce soir. »

Jean-Claude Girot, président de l’association Culture et Cinéma en Ternois

Ce retour du public est un soulagement pour l’équipe du Régency : « Nous avons connu presque dix mois de fermeture cumulés. Nous avons tous été traumatisés par ce qu’il s’est passé : pendant qu’on voyait nos proches reprendre le travail, on était inactifs, considérés comme non-essentiels. Les spectateurs ont toujours été à nos côtés, même si c’était virtuellement », a souligné Laurent Coët, lors de l’assemblée générale de Culture et Cinéma en Ternois. À quelques heures de l’avant-première, les membres de l’association étaient réunis dans la salle pour faire le point sur la situation du Régency. « Notre précédente assemblée générale s’était déroulée en visio, en novembre dernier. On est très émus et ravis d’être de nouveau avec vous ce soir », a lancé le président, Jean-Claude Girot, en préambule. Le cinéma a pu reprendre son activité, mais la crise sanitaire a profondément marqué les esprits et les usages. Ainsi, cette réunion extraordinaire avait notamment pour but de modifier les statuts, pour intégrer entre autres la possibilité d’organiser des assemblées générales en visio, au cas où le “distanciel” redeviendrait la norme.

Le réalisateur Jean-Pierre Améris est venu présenter en avant-première Profession du père.

« Quand on a rouvert l’été dernier, nous étions loin d’imaginer que nous subirions une autre fermeture et qu’elle durerait aussi longtemps. »

Laurent Coët, directeur du cinéma Le Régency

Quelques ajustements étaient également nécessaires pour que le Régency puisse continuer de bénéficier de certains financements publics, sans lesquels le cinéma aurait depuis longtemps disparu, d’autant plus durant la pandémie : « Nous avons bénéficié de près de cent mille euros d’aides. Sans cela, nous aurions accusé une perte d’environ trente mille euros », rappelle Jean-Claude Girot, approuvé par le directeur du cinéma : « L’association est encore vivante grâce aux aides de l’État, de la ville, de la communauté de communes. On a fait le choix de demander toutes les aides possibles. Quand on a rouvert l’été dernier, nous étions loin d’imaginer que nous subirions une autre fermeture et qu’elle durerait aussi longtemps. Durant les quatre mois d’ouverture, nous avons été largement déficitaires. »

« On ne veut pas voir mourir le cinéma et on prend nos précautions pour absorber un prochain choc. »

Laurent Coët, directeur du cinéma le Régency

Paradoxalement, grâce aux aides et subventions, le Régency a enregistré son meilleur résultat comptable en 2020 : l’association a même pu provisionner vingt mille euros pour la retraite de ses salariés. « C’est la première année où nous pouvons constituer une réserve. L’excédent de près de cent mille euros permet de renforcer la solidité financière de l’association, ce qui n’était pas forcément le cas les années précédentes. L’année 2021 reste un grand point d’interrogation : vous n’êtes pas à l’abri d’autres événements sans savoir si vous pourrez compter sur des aides exceptionnelles, comme en 2020 », prévient le cabinet comptable du Régency, dans un échange enregistré en visio. Ces bons résultats financiers permettent d’aborder un peu plus sereinement l’avenir, dont personne ne sait de quoi il sera fait : « Ces chiffres peuvent sembler importants, surréalistes parfois, mais ils nous permettront de faire face : on ne veut pas voir mourir le cinéma et on prend nos précautions pour absorber un prochain choc. L’histoire de 2020 nous a montré que c’est la prudence qui nous a permis d’être encore là ce soir. »

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