Redécouverte des trésors des collections de Saint-Pol lors de la Nuit des Musées


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« Papa ! Chut ! » La petite curieuse impose le silence à son père pour pouvoir écouter les explications de Cathy Camus qui oriente les visiteurs venus profiter de la Nuit des musées. Depuis mi-juin, les musées Danvin et Picot de Saint-Pol sont de nouveau ouverts et, en ce premier samedi soir de juillet, la médiatrice culturelle a accueilli les curieux venus redécouvrir les trésors méconnus des collections de la ville. Elle a même partagé ses connaissances ornithologiques au sujet de l’invitée surprise de la soirée : une bergeronnette grise qui virevoltait au milieu des collections du musée Danvin. « On l’appelle aussi “hochequeue” parce qu’elle bouge ses plumes arrières de haut en bas quand elle marche. Elle est rentrée par la porte cet après-midi et on n’arrive pas à la faire sortir ! Un enfant m’a dit que c’est parce qu’il y avait une forêt dans le musée », sourit Cathy Camus. En effet, depuis la réouverture, la céramiste Mércédès Joussé a reproduit une “nature fantastique” pour accueillir ses créations. Les visiteurs du musée ont ainsi pu explorer la forêt de Mercédès et discuter avec elle de son travail, mais aussi déambuler librement et (re)découvrir les œuvres et pièces historiques des collections de Saint-Pol.

Pour mieux les observer, Cathy Camus a concocté un jeu de piste avec des personnages constitués d’éléments tirés des différents objets d’arts et d’histoire exposés. « J’ai un bras, une espèce de tête moche et des jambes », décryptent deux jeunes filles, photo en main, en parcourant la salle du musée. « Pour la feuille que tu as choisie, il n’y a rien ici ! », s’amuse Cathy Camus, proposant au groupe de continuer l’aventure de l’autre côté de la rue Oscar-Ricque, au musée Picot, où sont préservées les plus belles pièces, notamment celles classées “musée de France”. La médiatrice culturelle a pu raconter l’histoire des magnifiques tableaux tenus à l’abri des méfaits du temps et malheureusement loin des yeux des habitants – néanmoins, Cathy Camus est toujours ravie de présenter les trésors de la ville sur rendez-vous. Ainsi, elle a pu conter dans le détail le mythe de Mercure endormant Argus, en s’appuyant sur un tableau du même nom.

Elle a également sorti quelques-uns des plus précieux documents, notamment un manuscrit du XIVe récupéré par hasard : « Le fils d’un notaire m’a contactée suite au décès de son père et m’a demandé si je voulais récupérer certains documents. Quand j’ai vu ce parchemin, même sans m’y connaître beaucoup, j’ai ouvert de grands yeux », raconte Cathy Camus, en manipulant avec des gants l’ancestral acte notarié. Dernière étape pour le groupe de visiteurs-enquêteurs : le premier étage où sont exposés les tableaux récemment restaurés par la ville. Ainsi, chaque année, la commune finance la remise en état d’une pièce de la collection “musée de France”. Préservées dans des salles sécurisées et offrant des conditions de conservation optimales, ces œuvres sont malheureusement méconnues du grand public : « Moi-même qui suis Saint-Poloise, je n’ai découvert cette partie du musée que récemment », reconnaît l’adjointe à la culture. Martine Dusart profite de l’occasion pour souligner que la commune va faire l’acquisition d’un bâtiment situé à l’arrière du musée Picot, ce qui permettra d’agrandir les salles d’exposition, déjà trop étroites, et d’accueillir les visiteurs et les œuvres dans de meilleures conditions, à l’abri des affres du temps et des bergeronnettes.

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