La ducasse de Saint-Pol a été contrariée pas tant par la pluie que par les prévisions météo qui avaient placé tout le département en alerte orange. De quoi dissuader nombre d’exposants (à commencer par votre serviteur) et surtout de visiteurs de s’aventurer dans les rues de la capitale ternésienne. Finalement, la matinée ne vit pas une goutte tomber et si la foule était beaucoup moins nombreuses que les années précédentes, amputée des simples promeneurs, les amateurs de bonnes affaires ont pu se faire plaisir, sauvant le chiffre d’affaires des commerçants au rendez-vous. L’après-midi en revanche, les rues étaient désertes, jusqu’à 17h, où quelques curieux étaient venus pour admirer les défilés. La musique de Saint-Pol a ouvert la parade, suivie des jeunes majorettes des Étoiles d’Or de Valhuon, sans bâton mais en robe rétro, suivies de leurs aînées avec d’éclatantes tenues parées de paillettes et de plumes. Mais alors que les Gilles des Aulnes allaient faire leur entrée, la drache est finalement tombée, contraignant les danseuses à s’abriter sous les premiers parapluies venus, tandis que les Gilles trouvaient refuge sous la tonnelle des Caves Saint-Poloises – où ils trouvèrent de quoi se réchauffer. Finalement, ils purent rapidement reprendre le défilé et distribuer – voire balancer – leurs oranges aux spectateurs amassés au carrefour du centre-ville. Les musiciens et majorettes avaient également repris le cours du défilé, les Étoiles d’Or ayant troqué leurs plumes pour des robes tricolores afin de danser un french cancan endiablé. Les quatre groupes purent terminer la parade et le public se dispersa en attendant le second défilé programmé au crépuscule.

Cette année, les Carnavaleux faisaient leur retour avec une belle surprise : un char ! Et celui-ci accueillait les musiciens du Saint-Pol Tyroler Orchester. Une belle association qui a fait chanter et danser les masques et le public tout au long du parcours, depuis le café Le Marigny jusqu’en haut de la rue d’Hesdin, avec évidemment un petit rigodon au carrefour du centre-ville, mais aussi un arrêt surprise devant le bar de l’Europe pour chanter l’anniversaire de Jean-Pierre, le tenancier des lieux. Tel le joueur de flûte de Hamelin, les Carnavaleux emmenèrent dans leur sillage bon nombre de spectateurs, qui ratèrent donc l’arrivée des Pères la Joie, dont le cortège était ouvert par Binbin, le géant voué au bûcher. Les carnavaleux les attendaient en musique en haut de la rue d’Hesdin avant de repartir vers le centre-ville. Les Pères la Joie allumèrent alors leur torche pour repartir à leur tour dans les rues de la ville, emmenant Binbin vers sa funeste destination. Installé au centre de la place Pompidou, le géant vit s’avancer la maire Danielle Vasseur qui procéda à l’immolation, suivie par les Pères la Joie qui joignirent leurs torches. Binbin parti en fumée et en pétards, au milieu de Pères la Joie chantant et dansant, le tout sous les yeux des spectateurs bien mieux nombreux que d’habitude. Mais la tradition fut respectée et c’est bien là l’essentiel.









