Saint-Pol : pour faire face à une « situation explosive », le collège Salengro obtient des moyens supplémentaires en urgence

« La direction académique a été très réactive et a bien pris conscience que la situation était explosive. Nous avons eu l’impression d’être enfin écoutés, c’est déjà beaucoup. » Représentant du SNES-FSU, Eric Duflos et ses collègues du collège Roger-Salengro n’ont pas vu d’élèves ce lundi, mais ils ont accueilli une importante délégation de l’inspection académique, suite aux alertes répétées de l’équipe éducative de l’établissement. Un préavis de grève avait été déposé pour ce mardi 14 décembre, mais il est finalement reporté au mardi 4 janvier, pour maintenir la pression : « On ne voulait pas, par une grève massive, faire comme si on n’avait pas compris que des choses étaient engagées. Néanmoins, on reste vigilants et on se réserve le droit de se mettre en grève s’il devait arriver quoi que ce soit d’ici la fin de la semaine. On a déposé un nouveau préavis pour le mardi de la rentrée : on veut que début janvier les équipes soient au complet. »

« Les problèmes étaient latents depuis un moment, mais tant que les effectifs étaient au complet, on arrivait à tenir. Les absences ont fait apparaître une situation explosive. »

Eric Duflos, représentant SNES-FSU au collège Roger-Salengro de Saint-Pol-sur-Ternoise

En effet, depuis plusieurs semaines, des absences répétées, notamment chez les assistants d’éducation, ont engendré de graves problèmes : agressions, violences entre élèves, intrusions dans l’établissement, y compris de parents venus s’en prendre à des enseignants… Le conseiller principal d’éducation – CPE – contractuel est en arrêt maladie, son remplaçant absent depuis octobre, et sur les sept surveillants, il n’en restait que deux à trois la semaine dernière. « Les problèmes étaient latents depuis un moment, mais tant que les effectifs étaient au complet, on arrivait à tenir. Les absences ont fait apparaître une situation explosive », rapporte Eric Duflos, qui s’est rendu vendredi à Arras avec quatre autres membres du conseil d’administration du collège. L’inspection académique a entendu leurs doléances et décidé de “neutraliser” les cours ce lundi pour rencontrer une équipe éducative au bord de la rupture. Alors que les collégiens avaient été invités à rester chez eux, les enseignants et les personnels de l’établissement ont pu faire part de leurs doléances. « Nous avons obtenu qu’un CPE contractuel soit désigné pour pallier une absence, ainsi qu’un poste à plein temps et un mi-temps supplémentaires pour les surveillants à la rentrée de janvier. Pour la fin de cette semaine, des personnels académiques de sécurité doivent venir en renfort », indique le représentant du SNES-FSU.

Des problèmes liés aux absences plus qu’à la sécurité des locaux

Par ailleurs, ce dernier précise que la situation de crise est liée à la pression sur l’équipe éducative, non à des problèmes de sécurité des bâtiments : « On a attiré l’attention sur certains points à ce sujet, mais ce sont plutôt des détails. Dans le cadre des travaux, une conduite a été percée et a provoqué une fuite, entraînant la chute de dalles de plafond gonflées par l’eau. Beaucoup ont repris ce sujet sur les réseaux sociaux mais la sécurité des bâtiments n’est pas remise en cause. » En revanche, c’est bien la sécurité des élèves et des professionnels qui était mise à mal depuis plusieurs semaines. Eric Duflos et ses collègues souhaitent s’assurer que les engagements pris par l’inspection académique seront bien suivis d’effets, sans quoi ils mettront à exécution leur préavis de grève, puisqu’il faut en passer par là pour faire bouger les choses. Les vacances permettront donc de recruter les personnels nécessaires et aux membres de l’équipe éducative de souffler un peu après cette période sous haute tension.

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