Les amateurs d’échecs invités à rejoindre le club de Saint-Pol chaque samedi

Tandis que les turfistes suivent les courses et que l’équipe des Taz’ernois affronte au billard ses adversaires du jour, d’autres joueurs se font face en silence dans une salle à l’arrière du bar. Le brouhaha du bistrot n’entame pas la concentration des échéphiles qui se retrouvent tous les samedis après-midi à la Taverne de l’Artois. Depuis 2017, la ville de Saint-Pol compte à nouveau un club d’échecs grâce à Alexis D’Osten-Sacken. Ce chevronné ne sort jamais sans son sac à dos, emportant partout avec lui quelques livres de stratégie et un jeu portatif, mais quand il accueille les joueurs à la Taverne de l’Artois, il sort le grand jeu. « On se retrouve avant tout pour le plaisir, sans compétition. Pour l’instant, nous ne sommes pas affiliés à la fédération, car il faut au moins cinq joueurs avec une licence A, qui permet de participer aux compétitions. On organisera peut-être un petit tournoi à la fin de l’année. Ici, tout le monde est bienvenu, quel que soit son niveau », rassure le président, qui cherche avant tout à trouver d’autres joueurs avec qui partager sa passion. Il a même enseigné au tenancier, Samuel Sarrazin, à manier roi, reine, tours, fous, cavaliers et pions : « Pour quelqu’un qui vient d’apprendre, il se débrouille bien ! » Le fils et la fille du tavernier s’y sont mis également, puisqu’il n’y a pas d’âge pour découvrir ce jeu séculaire et universel. « ”Échec et mat” vient du persan šāh māta qui signifie “le roi est mort” : le but du jeu est de coincer le roi pour qu’il ne puisse plus jouer », explique Alexis à deux jeunes curieux.

« J’essaie de travailler toutes les ouvertures, même si j’aime bien jouer l’anglaise. Plus que les connaître par cœur, l’important est de comprendre les différents systèmes. »

Alexis D’Osten-Sacken, président du club d’échecs

Lui a découvert les échecs à l’âge de cinq ans, en voyant son père jouer lors d’une fête de famille et a reçu son premier échiquier quelques années plus tard, pour sa communion. Depuis, il peaufine ses stratégies et étudie celles des grands maîtres, ainsi que leurs parcours personnels : « J’aime beaucoup Bobby Fischer – un personnage truculent, même s’il vivait dans un délire paranoïaque – et Gary Kasparov, qui est tout de même plus “humain”, même si j’ai un style de jeu plutôt à la Karpov. J’essaie de travailler toutes les ouvertures, j’aime bien jouer l’anglaise. Plus que les connaître par cœur, l’important est de comprendre les différents systèmes. » Alexis est pédagogue et ne cherche pas à écraser son adversaire : au contraire, il n’hésite pas à donner des conseils et à analyser les erreurs pour faire progresser ses partenaires. Le président du club accueille donc tous les amateurs avec bienveillance : « Les joueurs se renouvellent régulièrement. Au début, on a eu pas mal de jeunes, mais avec la crise sanitaire, certains parents hésitent aujourd’hui parce qu’on joue en intérieur. D’autres ne voient pas forcément d’un bon œil qu’on soit dans un bar. » Que les parents se rassurent : les stratèges sont tranquillement installés dans leur salle et doivent garder l’esprit clair pour calculer leurs coups. La meilleure façon de s’en convaincre est d’aller se frotter aux amateurs qui se retrouvent chaque samedi après-midi, à partir de 15h et jusqu’à ce que mort du roi s’ensuive – même si une revanche est toujours tentante.


Les joueurs se réunissent chaque samedi de 15h à 19h à la Taverne de l’Artois (15 place Leclerc à Saint-Pol)
Contact : Alexis D’Osten-Sacken au 06.21.70.01.84
dosten.alexis@yahoo.com

Les joueurs analysent leur partie avant de jouer la revanche.

Soutenez-nous!
Le Gobelin du Ternois est gratuit et le restera grâce à vous!
Soutenez Le Gobelin du Ternois sur Tipeee

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *