Saint-Pol : un mini-quartier avec logements et bureaux dans l’ancien collège Saint-Louis

Alors que l’ancien Carrefour s’efface sous les coups de pelleteuses, une autre friche va disparaître – pour mieux renaître – en plein centre-ville de Saint-Pol-sur-Ternoise. Les anciens locaux du collège Saint-Louis ont été rachetés par des investisseurs qui y ont imaginé un vaste ensemble immobilier, une sorte de mini-quartier associant logements et activité économique, sur plus de 3 500 m². « Le lieu bénéficie d’une situation exceptionnelle, avec la gare, le parc, le centre-ville à proximité », souligne Karine Thomas, de Corpus Consulting, la société qu’elle gère avec son mari Frédéric et qui porte le projet du “Clos Saint-Simon”. Dix-neuf appartements de standing et quatre cellules professionnelles vont redonner vie à cet ensemble, avec l’idée de rénover au maximum l’existant : tous les bâtiments seront conservés et rénovés, sauf un qui sera abattu pour ouvrir un accès par la rue du Général-de-Gaulle et ainsi éviter la rue du Pont-Simon et les va-et-vient autour de l’ensemble scolaire. « On veut faire du très beau, du durable. On ne va pas mettre des robinets en or, mais utiliser des matériaux de qualité. Les logements auront tous les avantages du neuf, avec une isolation maximale pour éviter les charges qui explosent et pour préserver la planète. L’ensemble sera aussi végétalisé, pour faire un petit écoquartier », argumente avec verve Karine Thomas.

« C’est notre ville, il faut lui donner sa chance. Dans les années 60, personne ne voulait investir à New-York ! »

Frédéric Thomas, pédégé de Corpus Consulting Group

Durant un an et demi, elle a rôdé son discours pour convaincre les banques et les investisseurs de l’opportunité et du potentiel que présente la bourgade de Saint-Pol : « Des personnes extérieures auraient peur d’investir à Saint-Pol, mais nous, on est d’ici : je suis de Bours, Frédéric d’Auxi. Nos enfants étaient scolarisés à Saint-Louis. On a aussi trouvé des investisseurs locaux. Tout ça, c’est de l’affect. » Frédéric Thomas approuve : « On est à proximité d’Arras, de Lille. Le projet va aussi apporter de l’activité économique, avec des gens qui travailleront, qui consommeront ici. Ça peut contribuer à une dynamique, avec le projet autour de l’ancien Carrefour. » Si le couple a jeté son dévolu sur ce site pour une part d’affectif, il ne se lance pas non plus totalement dans l’inconnu : « On joue gros dans cet investissement : c’est un projet à près de cinq millions d’euros. On a enquêté sur les besoins de la ville et on s’est adaptés. Il est apparu qu’il n’existait pas d’offre pour des personnes âgées qui ont des maisons à la campagne et voudraient s’installer en centre-ville, dans de beaux appartements, avec tous les services à proximité. On a aussi identifié un manque d’offres pour des touristes ou des travailleurs qui viennent pour quelques semaines. On a donc pensé à des appartements plus petits, qui pourraient intéresser des investisseurs pour faire de la location », détaille la promotrice.

Quatre cellules professionnelles déjà réservées
Par ailleurs, les quatre cellules professionnelles prévues au rez-de-chaussée ont déjà trouvé preneurs – dont les identités restent confidentielles : outre Autonomie Santé qui restera dans ses locaux actuels, un professionnel paramédical devrait y installer son cabinet, un acteur économique de Saint-Pol a prévu d’y déménager et une association employant une vingtaine de personnes envisagerait d’ouvrir une antenne dans le Ternois, dans de vastes locaux de 400 m². Quant aux logements, ils seront mis en vente une fois les travaux terminés, mais un appartement témoin devrait être visitable dès le printemps. La première tranche de travaux devrait bientôt débuter pour rénover les bâtiments donnant sur la rue du Général-de-Gaulle et ainsi réaliser les cellules professionnelles et les premiers appartements. Néanmoins, il faudra attendre fin 2025 au plus tôt pour voir le “Clos Saint-Simon” ouvrir totalement ses portes et accueillir ses premiers habitants. Déjà quelques intéressés se sont manifestés et les époux Thomas n’ont pas d’inquiétude sur la rentabilité de leur projet : « Il s’agit de proposer des biens à la vente, nous ne faisons pas de location. On sait que quand on propose des biens de qualité, on trouve rapidement preneurs. On a déjà quelques personnes qui ont montré de l’intérêt. On veut faire quelque chose de beau, qui respecte l’architecture historique. On a été accompagnés par l’architecte des bâtiments de France, la mairie de Saint-Pol aussi nous a bien aidés : c’est aussi dans leur intérêt d’avoir de nouveaux habitants et activités. Pour les travaux, on ne sollicite que des entreprises du secteur, avec lesquelles nous avons l’habitude de travailler », insiste Karine Thomas, qui ne perd pas de vue le soutien à l’économie locale. Originaire et toujours habitants du Ternois, les deux promoteurs croient fermement en leur projet et espèrent ainsi contribuer au renouveau de Saint-Pol : « C’est notre ville, il faut lui donner sa chance. Dans les années 60, personne ne voulait investir à New-York ! »


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