Texte et photos : Sofia Varengo
En ce premier lundi de mars, peu avant 10h, les promeneurs sont encore peu nombreux sur le marché, pourtant de la musique et des grands éclats de voix retentissent déjà dans un coin de la place : les carnavaleurs du groupe des Barbouilleurs, matinaux après leur retour de Dunkerque, font déjà monter l’ambiance d’un carnaval fort en rebondissements. Des crêpes et des verres, offerts, et des personnages hauts en couleurs. Sur ce premier événement d’une longue liste, les carnavals rencontrent déjà un certain succès. Après le marché, ils sont invités à déjeuner au Grillon, puis ils passeront l’après-midi à arpenter les rues en musique, suivis par les encouragements des klaxons et les visages amusés, avant de terminer par la distribution des petits pains à la sortie des écoles maternelles.
Le clou du spectacle : Mardi Gras !
Mais c’est réellement à l’occasion de Mardi Gras que se tiendront les célébrations les plus typiques : dès 9h30, les barbouillages seront lancés, et les vitrines se verront ornées des plus beaux messages satiriques concoctés par la troupe. Ils seront suivis du chahut, à 12h, où certains conducteurs se trouveront légèrement dépassés par les confettis. Après leur déjeuner à la pâtisserie Delbé, les carnavaliers n’auront pas dit leur dernier mot : la musique et l’ambiance s’éterniseront jusqu’au bout de la journée, pendant qu’ils clôtureront ces trois jours fous en visitant les maisons à travers la ville, avant que tout le monde se calme, à temps pour le Mercredi des Cendres.

Un Carnaval moribond ?
A Saint-Pol-sur-Ternoise, même si les jours de carnaval sont propices à la fête et au lâcher prise, leur organisation est prise très au sérieux par les carnavals, qui prennent très à cœur le respect des coutumes de cette célébration. « On organise tout ensemble. Pour le barbouillage, on fait des réunions parfois deux ou trois mois à l’avance pour mettre les idées en commun et préparer les phrases », déclare Patrick en servant les verres de cidre. « Le mardi matin, je vais distribuer des petits pains à la maison de retraite l’Oasis. C’est pour poursuivre la tradition d’un ancien : quand il est parti, j’ai dit que ce serait moi qui le ferai à sa place. » Mais moins de maisons à visiter, moins de participants costumés, des commerçants qui partent en retraite… Alors, Carnaval moribond ? « Ici, le carnaval, c’était pendant cinq jours à la grande époque… » admet J-P, chef officieux du groupe. Mais pour Raymond, ancien des Barbouilleurs : « Il faut arrêter de dire que c’était mieux avant ! C’est aujourd’hui qu’il faut faire. Le Carnaval est l’affaire de chacun, tout le monde peut jouer le jeu ! » L’occasion est donc rêvée pour sortir tous les costumes, masques et accessoires que vous pourrez trouver, et vous joindre à la fête!