Au lycée Châtelet, on bricole pour adapter le protocole sanitaire à la réalité du terrain


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Reportage : Célia Brunet & Lucas Gruet

La deuxième vague de covid-19 et le nouveau confinement obligent les lycées à trouver des solutions adaptées, ou du moins un « compromis correct » afin que les établissements ne ferment pas leurs portes. « Chaque lycée s’organise comme il le veut, selon ses capacités. Pour Châtelet, nous avons pris la décision d’assurer les cours une semaine sur deux en présentiel pour les classes de seconde et de première », explique le proviseur, Emmanuel Damiens. Il justifie ce choix par la présence d’un internat : impossible de demander aux élèves de ne venir que certains jours de la semaine.

« On ne se sent pas vraiment en confinement et certains élèves ne comprennent pas toujours le fait d’être confinés mais de quand même devoir venir au lycée. »

Romain Poiret, conseiller principal d’éducation du lycée Châtelet

Pour mettre en place au mieux les nouvelles règles sanitaires, l’équipe éducative du lycée a trouvé un arrangement : durant quatre semaines, le lycée Châtelet accueillera les élèves de seconde et de première générale en demi-groupes, une semaine sur deux. Seuls les élèves de première STMG, les terminales et les BTS ne sont pas concernés et doivent poursuivre leur cursus normalement. À la cantine, les règles ont également été renforcées, des chaises ont été retirées pour assurer une meilleure distanciation physique, et des horaires par classe ont été établis. De plus, les élèves sont priés de rentrer directement dans l’enceinte du lycée dès 8h. Par ailleurs, les examens sont maintenus, sauf les épreuves communes. « C’est le minimum que le lycée pouvait faire. Chaque lycée doit se débrouiller seul, car aucune directive nationale n’a été prise. Il est difficile de trouver un juste milieu entre la santé, qui est primordiale, et la continuité de l’enseignement et des examens», commentent deux professeurs. Le conseiller principal d’éducation, Romain Poiret, ne peut qu’approuver : « On réajuste les règles en permanence, on teste. La situation est anxiogène, on ne sait pas combien de temps ça va durer, ni comment ça va évoluer. Il est compliqué de garder et de faire garder la même rigueur que la première fois. On ne se sent pas vraiment en confinement et certains élèves ne comprennent pas toujours le fait d’être confinés mais de quand même devoir venir au lycée. »

« On se sent délaissés par le ministère, face à l’absence de directives nationales. »

Un professeur du lycée Albert-Châtelet de Saint-Pol-sur-Ternoise

Selon la direction du lycée, les parents sont globalement satisfaits des nouvelles mesures mises en œuvre, même si certains ne comprennent pas le choix de maintenir les cours pour les terminales. Les inquiétudes sont partagées par le personnel du lycée et le corps enseignant : « On se sent délaissés par le ministère, face à l’absence de directives nationales », regrette un autre professeur. Le lycée Châtelet s’adapte donc, presqu’au jour le jour, au regard des consignes nationales et de la réalité du terrain : un bilan du nouveau protocole sera dressé en fin de semaine pour adapter les règles au besoin. ­À moins que le ministère de l’Éducation Nationale ne décide finalement de fermer les lycées, ce qui ne serait pas non plus une solution pour l’enseignement : lors du premier confinement, les professeurs ont constaté que leurs cours étaient moins efficaces et que des élèves étaient plus susceptibles de décrocher.

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