Rejoignant le mouvement national “Bloquons tout”, une centaine d’élèves du lycée Châtelet de Saint-Pol-sur-Ternoise ont manifesté devant leur établissement ce mercredi 10 septembre. Mais sans suivre littéralement le mot d’ordre : « On n’a pas bloqué, parce que c’est interdit par la loi. Mais on a fait une manifestation pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron, la nomination de Monsieur Lecornu. On veut aussi parler de la vie étudiante qui coûte de plus en plus cher, parce qu’on est de futurs étudiants : les logements qui coûtent de plus en plus cher, les difficultés pour se payer à manger… On veut dire à Emmanuel Macron qu’on en a marre », résume Léonide, l’un des instigateurs de la mobilisation. Les cours ont pu se dérouler normalement, mais avec des classes amputées des manifestants mais aussi d’élèves qui sont restés chez eux, craignant des perturbations dans les transports en commun. « On s’est décidé il y a deux jours. On a vu sur les réseaux que beaucoup de lycées rejoignaient le mouvement. Vu que rien n’était annoncé ici, on a voulu prendre les choses en main. On a fait des tracts, on a collé des affiches – qui ont été arrachées par l’administration. On a aussi demandé aux élèves d’écrire comment ils sont impactés personnellement et on essaiera de les afficher dans le lycée », explique Eulalie.

En effet, les coupes budgétaires ont des effets aussi sur les lycées et les affectent au quotidien : « La cantine coûte de plus en plus cher, elle est passée de 3,80€ à 4,05€. On n’a plus de sorties prévues. Avec l’option théâtre, on devrait avoir neuf sorties obligatoires mais comme il n’y a pas assez d’argent, on n’en aura peut-être que six, voire aucune, et ça impacte directement notre bac. Il n’y a même plus d’argent pour les photocopies : les profs ont des quotas à respecter sur l’année. Alors, on doit faire les impressions chez nous », détaille Sara. Beaucoup déplorent également la baisse de moitié du pass culture : « Le budget de la culture a baissé : il y a moins d’aide pour les jeunes, avec le pass culture qui a été divisé par deux. Et ça risque de baisser encore. Ça permettait à beaucoup d’acheter des livres, notamment pour les cours, mais aussi d’aller au cinéma, au musée, aux concerts… On est à Saint-Pol-sur-Ternoise, il n’y a pas un million de choses culturelles… Le pass permettait de moins dépenser dans les sorties et de pouvoir mettre plus dans les transports. Ça m’a beaucoup déçu de passer de 300 à 150€ », détaille une autre lycéenne. « Et puis la suppression des jours fériés aussi ! Ça me paraît impossible de supprimer le 8 mai : c’est une date symbolique ! », embraye une autre. Et à tout cela s’ajoute « une ambiance générale qui se dégrade » au sein-même du lycée : « On n’a plus le droit de sortir entre deux heures de cours soi-disant à cause du plan Vigipirate, mais dans d’autres établissements, les lycéens peuvent sortir. On est toujours surveillés, on n’a plus le droit d’aller aux toilettes quand on est à la MDL (Maison des lycéens). » Néanmoins, sur le parvis de l’établissement, l’ambiance est bonne parmi les protestataires, qui avaient prévu de rejoindre la mobilisation annoncée au rond-point de la rue de Béthune, à quelques centaines de mètres du lycée. Ils y allèrent, avec leurs pancartes, constatèrent qu’il n’y avait personne, et après avoir pris la pose pour la photo, revinrent se poster devant l’établissement, perdant quelques membres en chemin.







