Louise Violet – Un cours d’histoire par Alexandra Lamy et Grégory Gadebois

Cette semaine, le Régency vous propose de découvrir Louise Violet, un film d’Éric Besnard que le réalisateur est venu présenter en avant-première dans le Ternois, cette zone rurale où aurait pu se dérouler l’histoire portée par Alexandra Lamy et Grégory Gadebois. Après Délicieux qui racontait la création du premier restaurant en France, Éric Besnard propose une nouvelle tranche d’histoire : « Ce n’est pas la suite de Délicieux, mais c’est le même travail : un travail sur l’ADN de la France, sur ce que nous sommes. Avec Délicieux, j’étais parti du siècle des Lumières, où a été créé le premier restaurant. Là, j’ai voulu travailler cent ans après, en 1889, sous la IIIe République. J’ai découvert que les premières institutrices sont sorties de l’École Normale à cette époque : elles ont été envoyées dans les campagnes pour convaincre les paysans de leur confier leurs enfants. » Louise Violet (incarnée par Alexandra Lamy) était l’une de ces institutrices, envoyée dans un village au fin fond de l’Auvergne, où elle sera rudement accueillie : « Louise Violet n’a pas existé, c’est un personnage symbole. Moi, je crois aux héros anonymes. Je tenais à mettre face à face le conservatisme et le progrès. Du dialogue de ces deux mouvements naît celui de l’histoire : personne n’a raison et personne n’a tort. Les paysans sont dans leur logique et ils vont être capables de faire des critiques envers l’école qui sont vraies. L’école n’est pas née que de raisons nobles. Sans la défaite de 1870, sans la volonté de créer des sous-officiers et des fonctionnaires, on n’aurait pas créé l’école publique. Il s’agit donc d’une femme dans un monde d’hommes, d’une citadine dans un monde de paysans, une femme plutôt à gauche dans un monde de droite comme on dirait aujourd’hui… »

Le réalisateur Éric Besnard et le producteur Christophe Rossignon sont venus présenter le film en avant-première au Régency.

Pour incarner ce choc des cultures, Éric Besnard a opté pour un choc des styles dans son casting : « J’ai écrit ce rôle pour Grégory Gadebois, il me semblait incarner ce que je cherchais. Pour Alexandra Lamy, c’est différent. Je cherchais une star de cinéma pour la mettre face à des acteurs de théâtre, dans une sorte de mise en abîme de ma problématique. Tous les paysans, les enfants sont des amateurs. Je voulais donc mettre en scène une institutrice, donc une personne empathique, proche des gens, issue de la société civile. Alexandra Lamy incarne cela, cette proximité. Il fallait que ce soit une femme qui ait déjà vécu un certain nombre de choses. » Tout comme dans Délicieux, le réalisateur aime filmer la nature et les paysages avec sobriété : « Je tenais à ce qu’on ait les quatre saisons. Quand je pense à l’école, c’est un cycle du temps. On vit dans une société avec un petit objet qui nous oblige à vivre à un rythme qui n’est pas le nôtre : quand on vous appelle, vous êtes censé répondre. C’est nouveau ! Ce n’est pas notre cycle naturel, ni celui qu’on désire. Si on est dans des sollicitations permanentes, on ne peut plus penser. Si tu es un consommateur d’informations, tu ne penseras pas. C’est le vide qui génère l’ennui, c’est l’ennui qui fait vivre la pensée, c’est la pensée qui structure. Quand je dis l’ennui, c’est au sens philosophique. » Néanmoins, son film invite à penser l’école et la place de l’éducation dans le pacte républicain, sans pour autant passer par l’ennui !

Louise Violet à voir cette semaine au cinéma La Régency.

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