Les artistes enchantés par la nouvelle école de musique intercommunale

Entre TernoisCom, où la ponctualité est la règle, et les musiciens qui ont plutôt tendance à jouer dans le fond du temps, le directeur de l’école de musique intercommunale a dû improviser. « Les artistes sont toujours un peu en retard », expliquait Eric Cadet en accueillant les pontes dans le grand auditorium de la nouvelle école de musique de Saint-Pol, inaugurée le vendredi 20 septembre. Difficile pour beaucoup de musiciens de se rendre disponibles à 17h un jour de semaine, ceux-ci arrivant au compte-gouttes à mesure qu’ils rentraient du boulot. Néanmoins, ils étaient suffisamment nombreux pour accueillir les dizaines de personnalités venues découvrir l’école de musique flambant neuve. Sur le trottoir déjà, un quintet assurait l’animation, alors que la foule s’agglutinait devant la façade de l’ancien cinéma, Le Familia, où les plus anciens se remémoraient leur jeunesse. Le député Bruno Duvergé était de ceux-là, comme il l’a raconté, des trémolos dans la voix : « La première fois que je suis venu ici, j’étais au lycée. C’était pour voir West Side Story. » De l’ancien cinéma, il ne reste que les souvenirs et les murs : auparavant transformé en magasin de meubles, le bâtiment a été totalement réaménagé pour accueillir la nouvelle école de musique. Les salles ont été aménagées et insonorisées pour s’adapter aux différentes pratiques : de la chorale aux instruments classiques, en passant par le doo-wop et les musiques actuelles.

« On s’entend bien ici, on va pouvoir travailler les nuances »

Des musiciens occupaient chaque salle, jouant de leur instrument à l’arrivée du cortège de notables, jusqu’à ce que tous rejoignent le grand auditorium et les membres de l’harmonie qui avaient déjà pris possession des lieux : « On s’entend bien ici, on a un son plus rond. On va pouvoir travailler les nuances. Ça ramone bien ! », constataient avec plaisir les artistes, en attendant leur tour – et leurs derniers membres. Après une interprétation à quatre mains de Maurice Ravel au piano, et un flamboyant New York, New York, c’était au tour des élus de jouer leur partition. Tout d’abord, le « chef d’orchestre », Marc Bridoux, s’est lancé dans une longue métaphore filée sur la musique pour retracer la genèse du projet, débuté en octobre 2017, et rappeler que l’école de musique intercommunale a enregistré près de 550 inscriptions à la rentrée, dont 260 pour le site de Saint-Pol. Le président de TernoisCom a rappelé que la construction de cette nouvelle école de musique a coûté plus de 2,7 millions d’euros, dont 1,7 million a été subventionné par l’Etat, la région, le département et la Fédération départementale de l’énergie.

« Quand il y a des enjeux, les responsables publics savent travailler ensemble »

Tous les financeurs ont donc eu droit à leur tour de discours, même la députée Brigitte Bourguignon, invitée sur les terres de son confrère Duvergé. « Au moins, il y avait une femme », commentait, un peu amère, Claude Roussez, vice-présidente de TernoisCom chargée des écoles de musique, reléguée dans le public, tout comme le maire de Saint-Pol. « Nous sommes en période de réserve électorale et les vice-présidents ne sont pas systématiquement invités à prendre la parole lors des inaugurations », expliquait le président de TernoisCom. Ce petit bémol ne s’est même pas remarqué au milieu du concert de louanges conclu par le préfet, Fabien Sudry : « Je voulais saluer, Monsieur le Président, votre travail avec tous vos collègues. Quand il y a des enjeux, les responsables publics savent travailler ensemble. Il faut savoir mettre de côté ce qui peut nous distinguer et mettre en avant ce qui nous rassemble. » Et comme le chantait Madonna : « Music make the people come together. » Yeah !

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