La population du centre d’accueil de Belval explose dans une totale improvisation

Prévu pour héberger cent personnes, le centre d’accueil de Belval a vu sa population exploser lundi matin. Tandis que le camp de migrants de Norrent-Fontes était détruit, ses quatre-vingt-cinq occupants ont été emmenés à Belval, sans que leur accueil n’ait été préparé. Près de soixante-dix personnes étaient déjà présentes à l’abbaye. Sur place, personne n’était au courant de cette nouvelle arrivée massive. « J’ai entendu à la radio que tous les migrants de Norrent-Fontes étaient envoyés à Belval, mais je n’en étais pas informé, indique le président de l’association Abbaye de Belval, Bernard Trollé. J’en ai discuté avec un animateur qui m’a indiqué que le centre allait être complet et qu’il allait falloir installer des matelas supplémentaires. » En effet, en début d’après-midi, des matelas étaient déchargés par un camion de la Vie Active qui gère le centre. Un salarié découvrait lui aussi la situation et n’était ni capable, ni autorisé à communiquer le nombre de nouveaux arrivants.

« Le centre est complet et il va falloir installer des matelas supplémentaires »

D’après un calcul approximatif, si on ajoute aux soixante-dix personnes présentes les quelque quatre-vingts nouveaux arrivants, on atteint cent cinquante personnes : « Oui, c’est à peu près ça, mais on va se débrouiller. » Le directeur général de la Vie Active n’avait pas d’information précise non plus : « Nous avons une autorisation pour cent places. Nous pouvons peut-être monter à cent dix personnes en poussant les murs, mais il ne sera pas possible d’héberger cent quarante personnes. Je ne sais pas ce que l’Etat a prévu pour les autres, mais il est certain que tous ne seront pas à Belval ce soir. » La Préfecture assure que les migrants ont été « répartis sur l’ensemble des centres du département », mais sans pouvoir donner le détail, alors que la sous-préfecture de Béthune annonçait ce matin que tous étaient orientés vers Belval. « Les bus sont allés à Belval et c’est là qu’ils se sont rendus compte qu’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde. Certains sont restés à Belval et d’autres ont été emmenés à Arras hôtel B&B », d’après l’association Terre d’Errance qui intervenait à Norrent-Fontes.

« Beaucoup repartent dès qu’ils arrivent à Belval »

« Ils ne seront de toute façon pas cent cinquante puisque beaucoup repartent dès qu’ils arrivent à Belval », constate Bernard Trollé. Dès le début d’après-midi, certains avaient repris la route. Sous la pluie, sac sur le dos, Akrom et Abdu erraient dans le centre de Saint-Pol à la recherche de la gare. Les deux Soudanais, de vingt-trois et vingt-huit ans, étaient arrivés le matin même à Belval. Ils étaient auparavant passés par le camp de Grande-Synthe (près de Dunkerque) qui a été détruit, avant de trouver refuge dans celui de Norrent-Fontes, démantelé à son tour. Finalement, ils ont décidé de prendre le train pour rejoindre Paris.

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