La polyclinique du Ternois a perdu la chirurgie mais étoffe son offre de soins de proximité


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« La polyclinique va retrouver l’équilibre économique dès cette année, sinon je vous offre dix cravates Snoopy ! », nous a lancé Dominique Diago. Le président du groupe Ahnac – et collectionneur de joyeuses cravates – estime que la polyclinique de Saint-Pol est sauvée, grâce à l’amputation de l’activité de chirurgie qui gangrenait les comptes de l’établissement : « Fermer le bloc a été l’une des décisions les plus difficiles que j’ai eu à prendre en tant que président. Le maintien de petits blocs de chirurgie ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui, alors que les établissements de santé sont de plus en plus spécialisés. Si la polyclinique ne faisait pas partie d’un groupe, la logique aurait voulu qu’elle ferme ses portes. » Dominique Diago a ainsi présenté la situation aux salariés de la polyclinique, qui ont perdu dans l’affaire une vingtaine de collaborateurs : « Nous nous étions engagés à proposer un emploi à tous les salariés en CDI : quatorze ont été ainsi reclassés et sept ont préféré partir vers d’autres cieux. » L’activité de chirurgie a dû être sacrifiée, en revanche, l’accueil non-programmé (l’équivalent des urgences) a pu être sauvé grâce à l’Agence régionale de santé qui a mis la main à la poche : « Nous ne sommes pas des philanthropes. Nous avons besoin de l’ARS », a rappelé le président qui a pu compter sur l’ARS pour assurer le financement de l’accueil non-programmé jusqu’à la fin de l’année.

Une offre de soins de proximité étoffée avec une vingtaine de spécialités

« Le modèle que nous connaissions est dépassé et nous devons redéfinir un projet médical, a expliqué Patrick Dewasme, PDG de la polyclinique. Nous souhaitons conforter le service de médecine, développer les soins de suite et de réadaptation polyvalents et spécialisés, et faciliter l’accès aux soins en offrant un large panel de consultations spécialisées, en partenariat avec la maison de santé. Nous voyons déjà les premiers effets de cette réorientation puisque le service de médecine et le SSR polyvalent sont pleins, tout comme le SSR spécialisé dans l’appareil locomoteur qui est occupé au-delà de sa capacité. » Le PDG annonce également que l’offre de soins de la polyclinique va être étoffé grâce à des spécialistes qui viendront de la polyclinique de Divion, du centre hospitalier d’Arras ou de cabinets privés : gastro-entérologie, pneumologie, gynécologie seront notamment représentées et permettront aux habitants de trouver des réponses à leurs problèmes de santé sur le territoire. La polyclinique attend également une autorisation de l’ARS qui lui permettrait de proposer le SSR polyvalent en hôpital de jour, sans passer par une hospitalisation complète. « Le ministère de la Santé réfléchit au développement d’hôpitaux de proximité et la polyclinique du Ternois pourrait tout à fait s’inscrire dans cette démarche, selon le directeur général du groupe. Nous pourrons renforcer notre offre et les soins de premier recours. Nous devons également travailler sur la complémentarité entre nos établissements. »

Après le financier, un nouveau directeur issu du monde de la santé

Bref, la polyclinique a perdu la chirurgie, mais ses dirigeants se veulent désormais rassurant quant à son avenir et rappellent qu’elle propose toujours une offre de soins de proximité. La priorité des dernières années était de stopper l’hémorragie financière, objectif atteint pour l’ancien directeur de l’établissement, Maxime Decroix, qui a cédé sa place à Laurent De Rycke : le premier avait un profil de comptable, tandis que son successeur était, depuis 2013, directeur des affaires médicales et des soins – après avoir débuté sa carrière en tant qu’infirmier. Le financier laisse donc la place à un professionnel de santé, un signe positif pour la polyclinique qui va pouvoir se concentrer sur l’essentiel : la santé des habitants. Quant aux cravates Snoopy, nous espérons devoir les acheter nous-mêmes.

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