Les salariés du médico-social exigent d’être traités comme leurs collègues de l’hôpital


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« 183 euros d’augmentation mensuelle pour tous » : les salariés du secteur médico-social demandent à bénéficier de la même revalorisation que leurs collègues du secteur hospitalier, suite au Ségur de la santé. Répondant à un appel national à la mobilisation, une quarantaine de salariés du centre hospitalier du Ternois se sont rassemblés ce jeudi matin à Frévent, devant l’Ehpad Allart-de-Fourment. « Les salariés du social et du médico-social ont été exclus du Ségur de la santé. On demande la même hausse de salaire que les autres personnels de santé », explique Grégory Vuylsteke de Force Ouvrière. Ces revendications avaient été entendues par le gouvernement et un accord était sur le point d’être conclu : « Une réunion était prévue le 2 novembre, les documents étaient prêts, il ne restait plus qu’à signer, mais tout a été annulé à la dernière minute », déplore Marie-Hélène Skrzypczak, secrétaire FO.

« Nous aussi, on est personnel covid ! D’ailleurs, on a touché la prime. »

Alors, le personnel médico-social a décidé de se faire entendre pour ne pas être oublié. « On a les mêmes diplômes, on fait le même travail, on doit avoir le même salaire », estime une des grévistes, en montrant l’attestation de déplacement fournie par son employeur : « Nous aussi, on est personnel covid ! D’ailleurs, on a touché la même prime. » Pourtant, en fonction de leur établissement d’affiliation, tous ne bénéficient pas des mêmes avantages : ainsi, les salariés des foyers d’accueil et de vie ne sont pas concernés par l’augmentation salariale prévue par le Ségur de la santé. « Dans le secteur hospitalier, tout le monde a droit à cette augmentation, même les cuisiniers et jardiniers. En revanche, une infirmière exerçant dans le médico-social ne peut pas y prétendre, alors qu’elle a le même diplôme qu’une infirmière exerçant à l’hôpital », s’étonne Grégory Vuylsteke.

« Pendant le premier confinement, on s’est retrouvés avec moins de la moitié de l’effectif. On voudrait que notre travail soit reconnu. »

Au centre hospitalier du Ternois, le sujet concerne une soixantaine de personnes exerçant dans les foyers de vie Les Châtaigniers et La Pannerie de Frévent, qui relèvent du médico-social. Certaines sont même appelées à intervenir dans les autres établissements du centre hospitalier : « On ne voudra plus travailler dans d’autres services pour dépanner si on n’est pas considérés au même niveau que nos collègues », regrette une infirmière. D’autant que le médico-social n’a pas été épargné par la crise sanitaire, comme le raconte ce salarié du foyer de vie pour adultes handicapés : « Nos résidents ont été les premiers confinés et les derniers à pouvoir sortir. Depuis septembre, ils sont de nouveau confinés. On a eu plusieurs cas de covid et même un décès. Pendant le premier confinement, on s’est retrouvé avec moins de la moitié de l’effectif. On voudrait que notre travail soit reconnu. » Les salariés du médico-social du CH Ternois sont d’ailleurs soutenus par leurs collègues du secteur hospitalier : « Tous les agents sont solidaires et se serrent les coudes. Pendant la crise sanitaire, le secteur hospitalier peut compter sur le renfort du pôle handicap. Ce serait aberrant que nous n’ayons pas les mêmes salaires et carrières », selon Hélène Defleury de l’UNSA. Des dissensions entre les deux syndicats n’ont pas permis un mouvement unitaire ce jeudi, mais l’UNSA assure soutenir la mobilisation emmenée par FO : il semble plus simple d’être solidaire entre l’hôpital et le médicosocial qu’entre syndicats.

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