Extension du pass sanitaire : de la pédagogie mais pas de tolérance

– Bonjour mesdames ! Vous avez votre pass ?
– Il est dans mon sac…
– Il faut l’avoir sur vous maintenant.
À l’entrée de son bistrot du centre de Saint-Pol, Michèle fait de la pédagogie auprès de ses clients en ce premier jour d’application du pass sanitaire. La patronne de La Fontaine a installé une grande pancarte : « Présentation du pass sanitaire en intérieur comme en extérieur, merci ». Le lundi matin, nombre d’habitués viennent prendre leur café : la plupart ont bien leur laissez-passer et peuvent s’attabler après avoir montré patte blanche. Certains tentent de se faufiler pour échapper au contrôle, mais sans succès : « Désolée, mais le pass est obligatoire », rappelle la tenancière, en gardant le sourire. « Mais il y a une tolérance pour une semaine ! », tente de négocier un réfractaire, avant de tourner les talons, déconfit. « De toute façon, on ne peut plus rien faire », peste une cliente en règle, attablée en terrasse.

« Tu m’emmerdes, il est dans mon autre veste ! »

À quelques mètres de là, à la Taverne de l’Artois, Samuel installe sur sa vitrine les affiches annonçant la nouvelle obligation. Ici comme ailleurs, tous les clients sont sommés de présenter leur sésame, ce qui n’est pas sans provoquer quelques tensions : « Tu m’emmerdes, il est dans mon autre veste ! Mets-moi un demi et je m’en vais ! », s’insurge un client. L’excuse de l’autre pantalon aura beaucoup été utilisée, mais le patron n’en démord pas : « Ce n’est pas moi qui fait les règles ! » Le bistrotier s’efforce de garder son calme et réexplique patiemment ce qu’il risque en cas de contrôle, mais aussi ce qu’encourent les clients : 135 euros pour eux et une fermeture administrative pour l’établissement. Pendant ce temps, sa compagne explique à un couple, vacciné mais sans attestation valide, comment récupérer ce fameux pass sanitaire qui alimente toutes les conversations : « Ça va tourner au vinaigre tout ça », prédit un homme accoudé au bar, approuvé par ses camarades. « Ce matin, un client m’a demandé si j’appliquais le pass et m’a dit que dans ces conditions, je ne le reverrai plus », raconte Samuel, qui ne cache pas son agacement à force de répéter la même chose. Il a même téléphoné aux gendarmes pour les inviter à venir faire de la prévention auprès de la population, pour qui les règles ne sont pas si claires que cela – tout comme pour les professionnels d’ailleurs. Néanmoins, la grande majorité semble avoir intégré cette nouvelle contrainte, comme en témoigne la salle du Bistrot du marché, quasiment pleine à l’heure du déjeuner. Le directeur d’Intermarché s’est assuré que chaque client était en règle : seuls deux n’ont pas pu présenter leur certificat.

« Au parc du château, il y a l’espace plage et l’espace public où les gens peuvent se balader. Je pense qu’on va séparer les deux et ne contrôler les adultes que pour l’accès à la plage. »

Alain Caveye, responsable du service animation de Saint-Pol-sur-Ternoise

L’extension du pass sanitaire touche aussi d’autres établissements, comme le cinéma le Régency : depuis quelques semaines, la jauge était limitée à quarante-neuf spectateurs, ce qui permettait de ne pas mettre en place de contrôle, mais désormais, le pass est exigé pour tous les adultes. Cette obligation s’applique également à la municipalité : ainsi, un contrôle va être mis en œuvre pour l’accès au musée, mais aussi pour la plage installée en centre-ville et celle du parc du château. Néanmoins, tout n’est pas encore totalement défini, comme l’explique Alain Caveye, responsable du service animation : « Au parc du château, il y a l’espace plage et l’espace public où les gens peuvent se balader. Je pense qu’on va séparer les deux et ne contrôler les adultes que pour l’accès à la plage. J’ai interrogé la préfecture, on va voir demain comment on va faire. On m’a déjà répondu que pour les Polofolies, le pass était nécessaire pour les organisateurs, les intervenants et le public. Pour les associations qui utilisent les salles municipales, c’est la même chose : pass obligatoire dès la première personne majeure. En revanche, pour la braderie de la ducasse, a priori, ce ne sera pas nécessaire. On est encore en train d’étudier tout cela. Il faut aussi qu’on ait les moyens suffisants pour faire respecter les règles. »


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