De nouveaux locaux pour la halte-répit Alzheimer du Ternois et ses bénéficiaires


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Trois après-midis par semaine, une dizaine d’habitants touchés par des maladies neurodégénératives se retrouvent à la halte-répit Alzheimer du Ternois, dans les anciens locaux de la DDE de Saint-Pol, rue Wathieumetz. Encadrés par une vingtaine de bénévoles, ils pratiquent durant quelques heures des activités visant à entretenir leur mémoire et leur socialisation. Pendant ce temps, les proches bénéficient de quelques heures pour s’occuper d’eux-mêmes plutôt que de leur parent. En 2011, la halte-répit du Ternois accueillait ses premiers malades dans une petite salle, à l’initiative du docteur Jean-Pierre Lemaître. Ce dernier a donné son nom au nouvel espace inauguré au 88 de la rue Wathieumetz. « Après quelques années de fonctionnement et au vu de l’effectif croissant, le conseil d’administration a évoqué la nécessité d’un agrandissement de la salle qui ne faisait, à l’époque, que vingt-cinq mètres carrés pour quinze personnes accueillies », rappelle Christian Machen. Le président du conseil d’administration et son équipe, unis autour du Lion’s Club de Saint-Pol-en-Ternois, ont été soutenus dans leur démarche par la ville et le département qui ont financé le projet d’extension de la halte-répit pour un total de 111 000 euros : il fallait bien cela pour réaliser la salle, la terrasse, les extérieurs et la mise aux normes du site.

« Eviter l’épuisement qui pourrait amener à une institutionnalisation plus rapide »

Maintenant que le lieu est prêt à accueillir ses bénéficiaires, la halte-répit se retrouve face à une nouvelle difficulté : faire venir les personnes malades jusque-là. « Notre implantation en zone rurale, sans transports en commun, constitue l’une de nos difficultés de recrutement, concède Christian Machen. Certaines familles s’organisent, d’autres ont recours à des transports privés toutefois onéreux. Les bénévoles font du co-voiturage et la coordinatrice va chercher quelques personnes à domicile. Depuis quelques semaines, TernoisCom organise des transports une semaine sur deux. » L’autre difficulté pour la halte-répit est de réussir à persuader les familles de l’utilité d’un tel service : « Nous devons convaincre les proches et les aidés de l’importance de fréquenter la halte-répit afin d’éviter l’épuisement qui pourrait amener à une institutionnalisation plus rapide », insiste le président.

Un projet exemplaire dont va s’inspirer le département

Son homologue du conseil départemental, Jean-Claude Leroy, a salué une démarche exemplaire : « C’est un projet important, surtout en milieu rural. Le département va s’inspirer de ce qui a été réalisé ici pour le reproduire ailleurs. Au Canada, 90 % des malades d’Alzheimer restent à leur domicile. C’est formidable pour eux, mais pour cela, il est nécessaire d’avoir des temps de respiration. » Pour les bénévoles de la halte-répit Alzheimer du Ternois, ce nouvel espace de soixante-cinq mètres carrés va offrir de nouvelles perspectives d’accueil. L’épouse du docteur Lemaître a partagé son émotion et sa satisfaction de voir aboutir le projet de feu son mari : « Il avait fondé cette halte-répit avec un groupe d’amis du Lion’s Club autour de valeurs de service et d’humanité qui lui ressemblaient bien. » Ce nouvel espace perpétue ainsi le travail du docteur et de ses amis, comme l’a rappelé Jean-Claude Leroy, citant Saint-Exupéry : « Le disparu, si on vénère sa mémoire, est plus précieux et plus puissant que le vivant. » Dans cette halte-répit Alzheimer, c’est à double titre que la mémoire sera vénérée.

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