Dans l’intérim, ce ne sont pas les offres mais les candidats qui manquent

« Nous proposons régulièrement des formations et c’est toujours la même galère pour dégoter des candidats. Même pour les missions d’intérim, c’est difficile de trouver des gens intéressés. On ne sait plus quoi faire », se désespère Emilie Gacquerre. Chargée d’affaires chez Adecco, elle doit recruter d’ici mi-avril huit chauffeurs poids lourd pour les former au permis super lourd, avec un contrat à la clé : « Il s’agit d’une formation de trois mois qui débouchera sur un contrat jusqu’à fin octobre, voire sur un CDI. Je préfère m’y prendre dès maintenant. L’an dernier, pour trouver deux personnes à former dans les travaux publics, ça m’a pris plus d’un mois. Nous travaillons avec les principales entreprises du secteur et elles sont prêtes à jouer le jeu, même si ça prend du temps, pour trouver des gens prêts à s’investir. » Cette nouvelle formation porte sur 158 heures et elle est prise en charge intégralement par Adecco, pour un coût de 3 500 euros par personne, afin d’offrir un package complet de chauffeur super-lourd.

« Ceux qui veulent travailler le peuvent, clairement, mais à la base, il faut de la motivation »

Emilie Gacquerre et sa collègue Pauline Selom ne savent plus quoi faire pour trouver des candidats motivés et le problème ne concerne pas que le Ternois, selon Frédéric Denis, directeur de l’agence de Saint-Pol et de deux agences arrageoises : « Le chômage ne baisse pas, pourtant l’activité économique n’est pas si mauvaise et on a toujours des emplois qui ne sont pas pourvus. Ceux qui veulent travailler le peuvent, clairement, mais à la base, il faut de la motivation. Aujourd’hui, si une personne est motivée, nous pouvons la former pour répondre à nos missions. On recherche toujours du monde dans le transport, des conducteurs d’engins, soudeurs, chaudronniers, coffreurs, maçons, ainsi que des manœuvres autonomes, ou encore des comptables dans le tertiaire. Ce sont des métiers qui ne sont pas valorisés, mais ceux qui travaillent dans ces secteurs gagnent bien leur vie et n’ont pas de mal à trouver un emploi. » Le constat est partagé par les deux chargées d’affaires : « L’intérim a ses contraintes, on est parfois appelé en dernière minute, mais il présente aussi des avantages. C’est un tremplin vers l’emploi, ça permet de mettre un pied dans une entreprise. Dans le transport, il est souvent difficile de trouver un premier employeur : nous proposons de former et d’offrir un contrat. Evidemment, c’est pendant l’été, il ne faudra pas compter ses heures, mais ça va payer. C’est une belle opportunité pour l’entreprise et les demandeurs d’emploi du Ternois. » Gérant l’équivalent de cent quarante temps pleins chaque année, l’agence Adecco de Saint-Pol a permis à une trentaine de personnes de décrocher un CDI l’année dernière et doit donc renouveler sans cesse son vivier d’intérimaires. « Ça fait quinze ans que je travaille ici et c’est plus difficile que jamais, constate Emilie Gacquerre. Parfois, certains démissionnent au bout d’une journée et on n’a plus jamais de leurs nouvelles. Même pour les formations, les gens ne prennent pas la peine d’appeler pour se renseigner. » La porte de l’agence saint-poloise est ouverte à tous les demandeurs d’emploi et toutes les entreprises : l’équipe locale ne désespère pas de faire matcher employeurs et employés.

Agence Adecco de Saint-Pol-sur-Ternoise

24 rue d’Arras.

03.21.47.22.22.

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