Mignonnes : dancing queens


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GGGGGG : culotté

La préadolescence est une période charnière, à mi-chemin entre l’insouciance de l’enfance et la volonté d’émancipation de l’adolescence. À cet âge, chacun est en recherche de repères ou de modèles qui vont participer à la construction de son identité. Avec Mignonnes, Maimouna Doucouré vient questionner cette période complexe, de manière brutale et sans concession.
Pour ce faire, la réalisatrice nous plonge dans la réalité d’Amy (Fathia Youssouf), jeune fille de onze ans, qui rencontre Angelica (Medina El Aidi), leadeuse d’un groupe de danseuses appelé « Les Mignonnes« . Dès lors, Amy, issue d’une famille musulmane traditionaliste, va tout mettre en œuvre pour faire partie de ce groupe.
S’ouvrant comme un film social, assez classique, Mignonnes bascule rapidement dans quelque chose de beaucoup plus viscéral et intellectuel. Le résultat est un film unique, à l’intrigue fictive, mais profondément ancré dans son temps et ses enjeux. 
Avec une réalisation inventive qui surprend et qui prend à la gorge, Mignonnes questionne directement et sans ménagement notre rapport au corps, en particulier à celui de la femme. Dans une société hypersexualisée, où la question du genre est centrale et source de débats, Mignonnes pose les bonnes questions, et tant pis si ça fâche.
Malgré les polémiques qui entourent le film depuis sa sortie (interdit en Turquie, le #cancelnetflix outre-Atlantique…), ne vous y trompez pas : Mignonnes n’est pas un film qui fait l’apologie de l’hypersexualisation des jeunes filles, c’est même tout le contraire. Il se pose comme témoin d’une réalité et d’un enjeu de société qui bouscule, questionne, indigne, mais surtout vise juste. 
Cependant, force est de reconnaître que le film s’égare à certains moments. Avec sa volonté de traiter son sujet de manière globale, Mignonnes multiplie les questions, quitte à perdre une partie des spectateurs dans son intrigue principale.
Maimouna Doucouré place néanmoins la barre très haut avec son premier long-métrage en proposant un film engagé qui, dans l’implication qu’il demande à son spectateur, est une véritable expérience qui ne laissera personne indifférent. 

Prochaines séances au Régency.

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