Le Crime de l’Orient-Express : Une machination à vapeur


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GGGGG : Un cluedo sur rail

En 1929, lors d’un voyage en train, Agatha Christie se retrouve bloquée par la neige en Grèce. Il ne lui en fallait pas plus pour imaginer son roman Le Crime de l’Orient-Express. Sydney Lumet signe ici la première adaptation du roman au cinéma, qui en 1975 sera nominée six fois aux Oscars et permettra à Ingrid Bergman de remporter la statuette dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle.

Le film nous embarque dans l’Orient-Express, bloqué par une tempête de neige. C’est là que Ratchett (Richard Widmark) est violemment assassiné. Pour le détective Hercule Poirot (Albert Finney), le meurtrier se cache parmi les passagers. Il décide de mener l’enquête.

Le film s’ouvre sur un préambule audacieux et assoit d’entrée la volonté d’impliquer le spectateur. Le mystère est cultivé de bout en bout. Comme toutes les bonnes intrigues policières, on ne sait jamais si les personnages sont coupables ou non. Le caractère de chacun d’entre eux est rapidement défini, à la limite de la satire. Hercule Poirot est décrit comme « un drôle de petit bonhomme », Sean Connery arrive fièrement, bousculant des chèvres qui osent lui barrer la route… Ce choix de pousser le spectateur à identifier chaque personnage aussi rapidement et aussi radicalement est judicieux. Les bases sont posées et même si l’intrigue n’en est qu’à ses balbutiements, le spectateur se surprend à avoir déjà quelques soupçons.

Le film est centré sur le personnage d’Hercule Poirot et ne laisse que très peu de place aux autres pourtant savoureux. Albert Finney tient ici l’un de ses meilleurs rôles et montre son talent dans un formidable monologue de presque quinze minutes.

Le montage est extraordinaire et joue avec la temporalité des événements. Dès que l’enquête débute, les allers-retours entre présent et passé sont fréquents et contribuent à donner du rythme à l’ensemble.

Malgré tout, le film peine à s’assumer. Il oscille entre film policier et film comique, voire satirique. L’enquête est entrecoupée de petits effets comiques mal maîtrisés qui viennent polluer l’immersion.

Avec un casting qui rend nostalgique, Le Crime de l’Orient-Express embarque le spectateur. Il l’incite à soupçonner chacun des personnages et réjouira les amateurs de casse-tête.

À coup sûr, un film à revoir avant la sortie de la version de Kenneth Branagh, prévue pour le 13 décembre.

Séance au Régency.

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