Joker : rira bien qui rira le dernier


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GGGGGG : dément

À une époque où les films de super-héros, conçus pour plaire au plus grand nombre, pullulent de manière quasi industrielle, s’attaquer à l’origine du Joker de manière réaliste et intimiste était un pari risqué. Véritable coup de pied dans la fourmilière, Joker apporte un vent de fraîcheur et prouve, s’il le fallait, qu’un personnage de comics a toute sa place dans un film mature et complexe (on se souvient d’ailleurs de l’excellent Logan qui dans une moindre mesure s’inscrivait dans cette voie). Le réalisateur de Very Bad Trip (Todd Phillips) nous emmène dans les années 80, à Gotham city, où le comédien raté Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) tente de joindre les deux bouts, tout en s’occupant de sa mère malade. Souffrant de troubles psychologiques, acculés par ses difficultés, Arthur sombre peu a peu dans la folie.

Joker est l’adaptation de comics qu’on attendait depuis longtemps. Loin des blockbusters sans grande originalité, il se pose comme un film profond, qui raconte plus qu’une histoire. Le réalisateur ancre son film dans une réalité peu reluisante où tout est bon pour arriver à ses fins. Au-delà de la simple adaptation de comics (le film rappelant par bien des aspects The Killing Joke), Joker est une critique de l’Amérique de Trump et plus largement de l’ultra-libéralisme et de ses conséquences. Ici, les Wayne sont loin d’être bienveillants. Au contraire, ils sont présentés comme des industriels vénaux, avides de pouvoir. La noirceur de Gotham n’a jamais été aussi bien retranscrite et l’ombre du chevalier noir plane sur tout le film grâce à de nombreux easter eggs (NDLR : références cachées) et dévoile un lien entre Arthur et Bruce plutôt surprenant (parce que oui, le Joker n’existe pas sans Batman et inversement). Même si sans la prestation grandiose de Joaquin Phoenix le film perdrait rapidement pied, Joker est une réussite artistique et est une douce descente dans les bas fonds de Gotham City.

Prochaines séances au Régency.

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