Bad Boys for life : et ça fait bim, bam, boom !

GGGGGG : détonnant 

En 1995, Michael Bay, jusque-là réalisateur de clips vidéos (Tina Turner, Lionel Richie, Aerosmith…) passe du petit au grand écran avec Bad Boys. Pour sa première réalisation, il n’hésite pas à rallonger le budget avec ses propres deniers pour assurer le spectacle et proposer des explosions dignes de ce nom. Premier d’une longue série de blockbusters à succès (Armageddon, Rock, The Island, No pain no gain, 13 Hours…), Bad Boys pose les bases de ce que l’on pourrait appeler la « Michael Bay touch » : un montage quasi épileptique et des explosions dans tous les sens, au mépris de toute logique. Souvent caricaturé, parfois moqué pour son cinéma décrit comme bas de plafond, il marque néanmoins le paysage cinématographique de la fin des années 90 en instaurant une nouvelle dynamique aux films d’actions. D’ailleurs, on assiste depuis quelques années à une certaine réhabilitation de Michael Bay de la part des critiques, notamment françaises. Du statut de bon technicien, comme on le décrivait jusqu’alors, Bay est en passe d’acquérir ses lettres de noblesse et commence à être pris au sérieux en tant que vrai réalisateur ayant un univers propre. Après un Bad Boys 2, poussant encore plus loin les curseurs et finissant d’asseoir le divertissement à grand spectacle comme élément essentiel de ses films, Michael Bay passe la main pour Bad Boys For Life
C’est à Adil El Arbi et Bilall Fallah, deux jeunes réalisateurs Belge, que les studios confient l’énorme responsabilité d’offrir aux deux personnages cultes un nouveau souffle. On retrouve Mike Lowrey (Will Smith) et Marcus Burnett (Martin Lawrence) là où nous les avions laissés : l’un toujours en quête d’adrénaline et prêt à en découdre ; l’autre, père de famille, avec la même envie qu’il y a trente ans de prendre sa retraite. Alors que Marcus devient grand-père et fait le point sur sa vie, Mike est gravement blessé par un mystérieux tireur. Les deux compères se lancent alors dans une enquête qui va les entraîner sur les traces d’Isabel Aretas (Kate Del Castillo), emprisonnée par Mike bien des années auparavant et fraîchement évadée.
La première partie du film à de quoi dérouter et les habitués de Michael Bay auront du mal à entrer totalement dans ce nouvel opus. La mise en place de l’intrigue est laborieuse et le tout peine à réellement démarrer. 
Heureusement, une fois les différents personnages et l’histoire installés, le film revient aux fondamentaux en proposant des scènes d’action de haut vol. Entre fusillades et courses poursuites endiablées, les réalisateurs réussissent l’exploit de faire exister leur vision sans trahir ce qui a fait le succès de la franchise. Le film va même plus loin en donnant à voir de réelles idées de mise en scène : chaque scène est portée par une réalisation extrêmement dynamique et prend des risques en proposant systématiquement quelques choses de nouveau dans sa manière de filmer l’action et ses personnages. 
L’autre grande réussite du film réside sans doute dans sa volonté de traiter ce troisième volet comme le témoignage d’un cinéma d’action comme on n’en fait plus. Ainsi, Bad Boys For Life est traversé d’une certaine vision de ce que devraient être les films d’actions actuels : décomplexés, misant tout sur le fun et n’ayant que faire de la logique. Là où le cinéma d’action a laissé la place aux supers héros et aux images générées par ordinateur, Bad Boys For Life est une déclaration d’amour aux bonnes vieilles cascades et à l’inventivité, de plus en plus rare.
Même si ce troisième opus ne sera pas le film de l’année et laisse un peu son scénario de côté, son envie de bien faire, sa mise en scène et la bonne humeur qui s’en dégage en font un divertissement plus qu’honorable. Adil El Arbi et Bilall Fallah réussissent leur passage à Hollywood et nous mettent en confiance pour leur prochain projet : Le flic de Beverly Hills 4

Prochaines séances au Régency.

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