Vingt millions sous les mers : le réalisateur et le producteur racontent Le chant du loup


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Les lumières se rallument et les spectateurs sortent d’une plongée de deux heures dans l’univers des sous-mariniers avec la projection du Chant du loup : une séance spéciale est organisée par le Régency à l’occasion de la venue du réalisateur Antoine Baudry et du producteur Stéphane Riga. Devant une salle comble, le réalisateur explique comment il a eu l’idée de ce film : « Je suis entré dans ce monde il y a trois ans. J’ai eu la chance d’être invité à passer quarante-huit heures dans un sous-marin en plongée, et je me suis rendu compte que l’ambiance et ce qui s’y passait faisaient écho à plusieurs questions que je me posais depuis longtemps, notamment sur les relations humaines, la confiance qui peut se créer entre les êtres humains… » Le chant du loup fait un peu office d’exception dans le cinéma français et Stéphane Riga détaille les difficultés pour mener à bien son projet : « C’est une superproduction et en France, on n’a pas l’habitude de ce genre de film. Une telle création, c’était un pari fou ! Jerôme Seydoux et les productions Pathé ont eu un véritable coup de cœur pour le projet, et on a fait appel à moi pour trouver le financement. Pathé a fixé le budget à ne pas dépasser à vingt millions d’euros, sinon le studio ne le faisait pas. Ça va, on a réussi à le monter pour moins que ça », sourit Stéphane Riga, avant de passer le micro à Antonin Baudry : « J’ai eu beaucoup de chance, mais c’est dommage qu’en France, il n’y ait pas de superproductions. La plupart du temps, ce genre d’histoire se fait aux Etats-Unis, avec des budgets colossaux. Si le film y avait été produit, il aurait coûté facilement huit fois plus cher. C’est dommage, on a les talents, on a une vision des choses, mais on n’arrive pas à faire de grosses productions en France. »

« On voulait vraiment coller à la réalité, montrer cette proximité entre les hommes »

Pour mener à bien son projet, l’ancien diplomate devenu réalisateur a pu passer beaucoup de temps immergé dans les sous-marins : « J’avais l’ambition de faire un film sur quelque chose qui pouvait arriver, qui était concret, et on a eu la chance que la marine nous laisse carte blanche et nous fasse confiance. A part des consignes de sécurité ou des éléments qu’on ne pouvait pas filmer pour cause de secret défense, ils nous ont laissé faire le film qu’on voulait et aujourd’hui, je peux dire que j’ai fait l’œuvre que je souhaitais. J’ai pu passer beaucoup de temps en immersion, j’ai même écrit une bonne partie du scénario sous l’eau. En France, il faut souligner qu’il existe un grand respect pour la culture. La marine nous a ouvert ses portes et nous a laissés libres de faire comme on l’entendait. » Cette collaboration est allée jusqu’à laisser l’équipe de tournage profiter d’exercices en conditions réelles pour filmer certains plans sous l’eau. Au fil des questions de spectateurs, le réalisateur met en avant son souci du détail pour rendre le film crédible et ancré dans la réalité : « On a reproduit à l’identique les intérieurs des sous-marins. Dans d’autres films, les décors sont agrandis pour des raisons techniques, mais on voulait vraiment coller à la réalité, montrer cette proximité entre les hommes. J’ai voulu retranscrire au mieux ce que j’avais pu observer lors de mes plongées avec les sous-mariniers. Ce sont vraiment des hommes très attentifs aux autres, dans le respect de chacun. »

« Ça me tenait à cœur d’avoir un acteur peu connu pour le personnage principal »

Minuit est passé et l’échange se poursuit, les deux intervenants enchaînant les anecdotes sur le tournage et la préparation des acteurs. « Ça me tenait à cœur d’avoir un acteur peu connu pour le rôle principal, un peu comme le métier de son personnage, qui est « oreille d’or », et que j’ai découvert en préparant le film. Omar Sy, Mathieu Kassovitz et Reda Kateb ont d’ailleurs été géniaux. Il y avait une grande solidarité sur le tournage », explique le réalisateur. Stéphane Riga, face aux questions sur le sérieux d’Omar Sy pendant le tournage, expliquera: « C’était quelqu’un de très sérieux et bosseur, mais ce n’était pas le dernier pour amuser la galerie pendant les temps morts. Un jour, les financeurs sont venus sur le tournage. Ils étaient habillés comme des financiers avec costumes gris, cravates, mallettes… A leur arrivée, j’entends Omar crier : « Stéphane, on n’a pas payé le studio, ils ont envoyé les huissiers ! » Ils ont rit, mais un peu jaune quand même. » Emballés par leur aventure, le réalisateur et le producteur se passent le micro et prennent le temps de répondre dans le détail à toutes les questions de l’auditoire et expliquent à quel point leur film est fidèle à la réalité, ce qui est aussi instructif qu’effrayant.

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