Terreur des ruches et des apiculteurs, le frelon asiatique s’est installé dans le Ternois


Publicités


« Jusqu’à maintenant, je n’attrapais que des guêpes, mais depuis quelques jours, les frelons asiatiques sont apparus », constate Gérard Leborgne. Apiculteur à Ramecourt, il a installé deux pièges au milieu de ses trente ruches. À l’intérieur, un frelon asiatique s’épuise à chercher une issue alors que s’accumulent, sous ses pattes, les cadavres de ses congénères. La bête est imposante et pourtant plus petite que son cousin européen : « Le frelon asiatique se reconnaît à ses pattes jaunes et à son avant-dernier anneau qui est orangé. Il se nourrit des protéines des abeilles : le frelon asiatique effectue un vol stationnaire à la sortie de la ruche et attrapent les abeilles lorsqu’elles passent. Un ami apiculteur dans le sud a perdu quatre-vingt de ses deux cents ruches à cause du frelon asiatique », s’inquiète Gérard Leborgne.

Le frelon asiatique signalé depuis cet été dans tout le Ternois

Trois spécimens tués début septembre à Gauchin-Verloingt

Présent depuis dix ans dans le sud de la France, le frelon asiatique n’est arrivé que cette année dans le Ternois, à la faveur d’une météo estivale favorable et de l’été qui se prolonge sur l’automne, permettant au frelon asiatique de poursuivre sa progression. Depuis le mois d’août, plusieurs cas ont été signalés dans le Ternois. Un apiculteur d’Œuf-en-Ternois a identifié des frelons asiatiques chez lui au mois de septembre, tout comme des habitants de Gauchin-Verloingt et de Saint-Pol-sur-Ternoise. Ce vendredi, des individus ont été repérés près du collège de Frévent, contraignant la mairie à boucler une rue. À quelques dizaines de mètres des ruches de Ramecourt, la caserne des pompiers n’a pas été alertée. Le lieutenant Planquette n’a d’ailleurs recensé qu’un signalement de frelons asiatiques au stade Léo-Lagrange de Saint-Pol : « On n’a pas trouvé le nid. En revanche, les pompiers de Frévent et d’Avesnes-le-Comte en ont déjà détruit plusieurs. »

« Trouver la reine pour éradiquer la colonie »

Le frelon à pattes jaunes s’est installé partout et il sera difficile de le faire disparaître : « On peut toujours tuer les frelons, mais l’important est de trouver la reine pour éradiquer une colonie, explique l’apiculteur. Les frelons asiatiques installent leur nid en hauteur, à la cime des arbres, et on ne les découvrent qu’à l’automne, lorsque les feuilles tombent. On peut alors détruire le nid, mais la reine est déjà partie se réfugier dans la terre ou un tas de bois pour passer l’hiver. Elle ne sortira qu’au printemps et la population reprendra son développement tout au long de l’été. » Les pièges ne permettent pas d’attraper les reines et il faut les traquer dans les nids pour les détruire. Par ailleurs, les pièges sont utiles à proximité des ruches pour les protéger, mais leur généralisation serait dangereuse pour la biodiversité car d’autres insectes peuvent aussi se laisser prendre. Pour Gérard Leborgne, les pièges sont la seule solution pour protéger ses ruches : « J’avais commandé quelques décilitres de produits pour les pièges, mais je vais passer au litre pour l’année prochaine. »

Pour mieux connaître le frelon asiatique, écoutez ce numéro de La Tête au Carré sur France Inter.

Revenir en haut de page