« Quelle est la règle numéro 1 en cas d’inondation ? », interroge l’animatrice du Symcéa. « On ne se met jamais en danger ! », répondent en chœur les collégiens. Les élèves du 6e du collège Salengro de Saint-Pol ont été les premiers visiteurs du “Salon de l’inondation et des solutions – Canche et résilience”, qui s’est tenu les 10 et 11 octobre au complexe sportif intercommunal. Dans la maison de la famille Alabri, les futurs citoyens ont pu apprendre les gestes à adopter en cas d’inondation, mais aussi à se préparer à faire face en constituant un kit d’urgence avec vêtements chauds, conserves, lampe de poche, radio à piles, argent liquide, papiers importants, médicaments… Et qu’est-ce qu’on fait du lapin de compagnie dans sa cage ? « On l’emmène évidemment, mais pas besoin de le mettre dans le kit de secours », sourit Sabine Bizeur, agent du Syndicat mixte Canche et Authie, assistée par son collègue Grégoire Jacquesson qui expliquait les risques d’une montée des eaux de cinquante centimètres, avec notamment les risques d’électrocution : d’où la nécessité de couper le compteur si l’eau commence à monter. Autant de petits gestes et de réflexes à adopter qui peuvent faire toute la différence en cas d’inondation – et de catastrophe en général ! L’idée n’est pas de vivre dans la peur, mais au contraire, d’être préparé pour savoir comment réagir face aux catastrophes naturelles, à commencer par les inondations, premier risque touchant le bassin versant de la Canche et de l’Authie. Au fait, c’est quoi un bassin versant ? « C’est une zone où, peu importe où il pleut, l’eau arrivera dans le fleuve du bassin », explique l’animatrice du CPIE – Centre permanent d’initiatives pour l’environnement – des vallées de l’Authie et de la Canche, autour d’une maquette éloquente sur les mécanismes du grand cycle de l’eau et des inondations, illustrant les quatre types d’inondation naturelle : le ruissellement, la submersion marine, le débordement de cours d’eau et la remontée de nappe phréatique. « Et les tsunamis ? », demandent les collégiens. « Dans notre région, on ne peut pas être victime de tsunami, on a déjà assez de souci comme ça ! Mais on a le phénomène des grandes marées, avec l’eau qui remonte plus dans les terres qu’auparavant, à cause du changement climatique. » Les animateurs du Symcéa et du CPIE étaient épaulés par ceux de TernoisCom, co-organisateur de l’événement, notamment avec la présence de la ludothèque qui proposait des jeux sur l’eau, l’environnement, les populations aquatiques. Les professeurs de SVT qui accompagnaient leurs élèves étaient ravis de voir ainsi leurs cours sur le cycle de l’eau complétés de façon ludique et concrète dans les différents ateliers.

Après les collégiens, ce sont les élus du territoire qui ont eu droit à quelques rappels concernant la vulnérabilité des réseaux, la culture du risque et la gestion de crise. Puis le salon fut ouvert au grand public le samedi, avec des stands et animations pour toutes et tous. Les deux balades commentées, au départ de la salle intercommunal, ont rencontré un joli succès et ont permis aux promeneurs d’étudier in situ les causes, caractéristiques, conséquences mais aussi solutions liées au risque inondation à Saint-Pol et Saint-Michel-sur-Ternoise. À leur retour de cette boucle de cinq kilomètres, ils ont pu parcourir les stands du salon avec les animations proposées la veille aux collégiens, mais aussi d’autres tels que des professionnels présentant des solutions techniques (batardeaux, barrières anti-inondations…), la Protection Civile, la prévention des différents risques avec la MAIF, ou les stands présentant les actions du Symcéa autour de la qualité écologique de la Ternoise, la renaturation des rivières, ou encore le programme d’actions pour la prévention des inondations – PAPI – de la Canche. Les visiteurs ont ainsi pu découvrir (s’ils ne le savaient déjà) qu’ils avaient la possibilité de bénéficier d’un diagnostic de réduction de la vulnérabilité des habitations situées en zone inondable pour définir les actions de prévention à mettre en œuvre, avec les financements ad hoc. Le Symcéa et ses partenaires avaient donc prévu de quoi évoquer la question des inondations, des risques et des solutions de façon ludique et instructive, mais les organisateurs n’ont pas été débordés par une vague massive de visiteurs : malgré une large communication dans la presse, les réseaux sociaux, des affiches et des flyers distribués dans Saint-Pol, seule une centaine de visiteurs étaient dénombrés à la fin de l’événement. Mais l’important est que ceux qui sont venus soient repartis avec une meilleure culture du risque qu’ils pourront diffuser à leurs proches. Et si à la lecture de ces quelques lignes vous vous dites “Zut ! Si j’avais su…”, le Symcéa est là toute l’année pour répondre à vos questions et inquiétudes !
Plus d’informations sur le site internet du Symcéa : https://www.symcea.fr/












