La jeune génération de riders rêve d’une nouvelle vie pour le skatepark de Saint-Pol


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Texte et photos : Célia Brunet

« Le skate est une façon de nous rassembler entre potes. C’est un sport où règne une bonne ambiance, où tout le monde s’encourage. » À vingt-et-un ans, Hugo Druon a ressorti son skateboard, après quelques années d’abandon, en voyant ses amis remonter sur la planche : « C’est un vrai plaisir de reprendre. On est super contents quand on rentre des tricks. » Dans le langage des riders, « rentrer des tricks », c’est réussir des figures. Plus qu’un sport, le skate est un véritable mode de vie et ses adeptes y consacrent une grande partie de leur temps libre : « On peut pratiquer partout, que ce soit en ville, en park ou en flat (NDR : terrain plat). C’est aussi un moyen de se déplacer. Je ne sors quasiment jamais sans ma board », affirme Malcom Bulcourt.

« Il faut du courage. Il faut tomber et réessayer avant de réussir. Le skate demande beaucoup de patience»

Malcom Bulcourt, vingt ans, skateur

Les skateurs sont présents quasi quotidiennement au skatepark de Saint-Pol, à côté de la salle Coubertin : « On a besoin de s’entraîner tous les jours pour progresser un maximum », lance le jeune homme qui se motive avec ses amis au travers de jeux vidéo comme Skate 3 ou en suivant les conseils du Youtubeur Pierre Garnier. « C’est un sport impressionnant à regarder et à pratiquer, qui nous fait passer par toutes sortes d’émotions, de la joie à la peur, avec des montées d’adrénaline. Il faut du courage. Il faut tomber et réessayer avant de réussir. Le skate demande beaucoup de patience », souligne Malcom. La pratique connaît un renouveau depuis deux ans et beaucoup se sont mis ou remis à la planche à roulettes : « C’est devenu un peu une mode. En voyant leurs amis faire du skate, d’autres s’y mettent, ça lance une vague », constate Hugo.

« Si le skatepark était rénové, avec de nouveaux modules, je viendrais plus souvent. »

Johan Ansart, vingt ans, skateur

Le skatepark de Saint-Pol accueille une vingtaine de skateurs, une dizaine de « trottiriders », ainsi que quelques fidèles du BMX ou du roller. Les skateurs apprécient l’endroit, même s’ils y verraient bien quelques améliorations, notamment pour son entretien : « On peut se blesser facilement à cause des trous dans le macadam : celui du parking est de meilleure qualité ! On aimerait du béton lisse, comme au skatepark de Bruay », suggèrent les jeunes riders qui fréquentent également les équipements alentours, à Bruay, Calonne-Ricouart, Berck, Le Touquet ou même Lille. « On vient surtout ici parce qu’on n’a pas le permis pour aller ailleurs », remarque Johan Ansart. « Lorsque qu’il commence à faire noir, on est obligés d’utiliser le flash de nos téléphones, par manque d’éclairage », complète Nicolas Boulay. Tous souhaiteraient également un point d’eau pour se désaltérer et se rafraîchir. Ils déplorent aussi le manque de respect du lieu par les autres usagers : « Depuis que le terrain synthétique n’existe plus, des élèves de Châtelet se rassemblent sur les plateformes, abandonnent leurs déchets et même du verre brisé. Ils occupent les modules parce qu’ils n’ont pas de bancs pour s’asseoir. » Les riders en tout genre apprécient d’avoir un skatepark à leur disposition, mais aimeraient que le site connaisse une nouvelle jeunesse, à l’image de leur pratique. Comme le résume Johan : « Si le skatepark était rénové, avec de nouveaux modules, je viendrais plus souvent. »

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