La moitié des agents de Saint-Pol mobilisés contre la baisse des indemnités de maladie

Depuis le 1er mars, les agents de la fonction publique territoriale ne sont plus indemnisés à 100 % mais à 90 %, après une journée de carence. Cette nouvelle disposition imposée par le gouvernement, en quête d’économie, ne passe évidemment pas chez les fonctionnaires, au point de faire sortir une trentaine d’agents (soit environ la moitié de l’effectif) de la ville de Saint-Pol-sur-Ternoise sur le parvis de la mairie pour un débrayage d’une heure, le jeudi 3 avril, à l’appel de la CGT Territoriaux, afin de demander le maintien des indemnités à 100 %. En effet, si la mesure est déjà appliquée au niveau national, certaines communes (comme Avion et Ivry, municipalités communistes, mais aussi Calais, gérée par la droite) ont fait le choix d’y déroger et les agents polopolitains mobilisés demandaient la même mansuétude à l’exécutif local. Laurence Deruelle, secrétaire de la section, a exposé les conséquences de ces mesures, qui ne se limitent à pas une perte pécuniaire : « risque de renoncement aux soins, les agents pouvant hésiter à prendre leur arrêt maladie pour ne pas perdre de rémunération, au détriment de leur santé, de celle de leurs collègues et de celle des usagers ; détérioration de la qualité du service public, avec un personnel contraint de travailler en étant malade ; une iniquité entre les secteurs car les métiers les plus exposés aux risques professionnels seront plus durement frappés ; de fait, ce seront les femmes qui seront les plus pénalisées par la mise en œuvre d’une telle mesure. » Laurence Deruelle a développé ses arguments à la maire Danielle Vasseur, venue à la rencontre des agents mobilisés. Cette dernière n’a pas fermé la porte, mais s’est montrée prudente : « J’en ai parlé aux adjoints, nous allons y réfléchir. Pour l’instant, aucun texte ne nous permet de délibérer en ce sens. Je ne veux pas être hors-la-loi et me retrouver chez le préfet ! On applique ce qu’indique la loi. » La cégétiste a une lecture un peu différente de la situation, assurant que « le conseil municipal a la possibilité de maintenir localement la rémunération à 100 %, selon le principe de la libre administration garanti par l’article 27 de la constitution ». Dans tous les cas, ce sera donc au conseil municipal d’en décider : ça tombe bien, il se réunira le 14 avril pour le vote du budget.

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