Saint-Pol – Un salon consacré à la prévention du risque inondation, ça vous botte ?

En France, le risque d’inondation est le premier risque naturel par l’importance des dommages qu’il provoque, le nombre de communes concernées, l’étendue des zones inondables et les populations résidant dans ces zones : un Français sur quatre est concerné. Dans le Nord-Pas-de-Calais, deux tiers des communes ont fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle suite aux inondations au cours des trente dernières années. Et avec le changement climatique, ça ne va pas s’arranger : « On se dirige vers des chocs climatiques de plus en plus dur et de plus en plus longs, pour les inondations, mais aussi les sécheresses. Les habitants de notre bassin doivent savoir que tôt ou tard, ils seront exposés. Le risque zéro n’existe pas, indépendamment de tous les moyens qu’on pourra investir », prévient Grégoire Jacquesson, responsable du pôle gestion des risques du Syndicat mixte Canche et Authie – Symcéa.

Ce n’est certes pas rassurant, mais plutôt que de faire l’autruche (imaginez ce que ça donnerait en cas d’inondation !), il faut savoir comment réagir : « C’est quand on n’est pas préparé que l’impact est le plus fort, souligne Grégoire Jacquesson. Il ne s’agit pas de vivre dans la peur, mais de savoir comment réagir, ce qu’il faut faire et ne pas faire. » Alors, pour développer cette nécessaire “culture du risque”, le Symcéa organise pour la troisième année “Canche et résilience : le salon de l’inondation et des solutions”. Après une première édition à Hesdin, une deuxième à Montreuil (suite aux événement de fin 2023 et début 2024), c’est à Saint-Pol-sur-Ternoise que se dérouleront deux journées de sensibilisation et d’éducation autour de la gestion du risque et des inondations, en partenariat avec TernoisCom, territoire également très exposé : « TernoisCom est soumis à l’érosion, au ruissellement et aux coulées de boue », souligne Valérie Chérigié, directrice du Symcéa, qui se félicite du partenariat engagé entre sa structure et la communauté de communes : « Nous avons de plus en plus de partenaires qui se mobilisent pour le salon Canche et Résilience. On a uni nos efforts pour que ce soit une réussite. On essaie de créer les conditions pour réunir un maximum d’acteurs : c’est une bonne occasion pour tous de faire une mise à jour de nos connaissances. »

En effet, la première journée sera consacrée aux scolaires – citoyens de demain, aux élus et aux techniciens impliqués dans la prévention et la gestion des inondations. La seconde, le samedi 11 octobre, sera ouverte au grand public avec une programme très dense (voir ci-dessous) et pensé pour toucher petits et grands, de façon ludique et légère malgré tout le sérieux du sujet. « Les habitants sont les premiers acteurs de leur sécurité et doivent savoir ce qu’ils peuvent faire ou non lors d’inondations. Une personne qui ne respecte pas les règles essentielles peut mobiliser les secours inutilement et même les désorganiser. Par exemple, il faut éviter tout déplacement : il peut suffire de trente centimètres d’eau pour emporter une voiture. Et avec le ruissellement, on peut atteindre des vitesses torrentielles ! Il est donc important que les habitants s’informent pour qu’ils puissent agit en conséquence », résume Grégoire Jacquesson, approuvé par Dominique Coquet, vice-président du Symcéa et de TernoisCom : « Il est important de sensibiliser les habitants à la culture du risque, qu’ils sachent quoi faire en cas d’événement. Les communes doivent également s’engager, travailler en amont, au travers notamment des plans communaux de sauvegarde. Les travaux peuvent permettre de gérer certains événements climatiques, mais ne peuvent pas tout traiter en cas de gros orages par exemple. »

D’ailleurs, les ouvrages, tels que les digues ou bassins de rétention, sont calibrés pour un certain niveau de précipitations, mais ne peuvent suffire à protéger la population face à des événements exceptionnels – qui le seront d’ailleurs de moins en moins : ce qu’on considérait comme une pluie centennale (revenant statistiquement tous les cents ans) risque de revenir bien plus rapidement avec le réchauffement climatique. « Il n’existe pas de solution tout faite et surtout, il n’existe pas une solution unique face à ces risques. Il faut avoir une approche globale sur ces sujets, en plaçant les habitants au cœur des dispositifs. Nous devons être prêts collectivement et individuellement. Nous devons sensibiliser la population à ces risques pour que chacun puisse adopter les bons gestes et développer de bons réflexes », insiste Valérie Chérigié. La dernière édition du salon, à Montreuil, a permis de toucher quelque 250 habitants, mais au-delà du chiffre, l’important est que tous ceux qui ont eu la curiosité d’y venir soient repartis avec une meilleure culture du risque : d’ailleurs, le chiffre de la fréquentation est à relativiser, puisqu’un citoyen averti en vaut deux !

Canche et résilience – Le salon de l’inondation et des solutions
Samedi 11 octobre, de 10h à 17h, au complexe sportif intercommunal, rue Jean-Moulin à Saint-Pol-sur-Ternoise

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